Le mariage biblique, la restauration du couple et le discernement face au divorce
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C'est ici l'étape 49 de notre parcours de formation
Cet enseignement sur le mariage a été écrit il y a quelques années par Cathy Gotte et nous avons pensé qu'il constituerait une excellente façon pour vous de finir votre parcours de formation...
Le mariage est un cadeau de Dieu, une alliance sacrée qui reflète son amour pour nous. Pourtant, il n’est pas toujours facile de le vivre pleinement : crises, incompréhensions, blessures et éloignement peuvent s’y glisser. Dans ce module, vous découvrirez comment bâtir un mariage solide selon la Parole de Dieu, restaurer votre couple lorsqu’il traverse des épreuves, et discerner avec sagesse les défis liés au divorce. Que ce parcours vous guide vers un amour renouvelé, fidèle et porteur de vie, en harmonie avec le plan divin.
I. Le mariage : une alliance voulue par Dieu et destinée à durer
1. Une institution en crise d’identité
Depuis les événements de Mai 68 en France, de nombreux acquis ont été remis en question : le mariage, la famille, le statut de la femme. Cette période a vu émerger des slogans tels que « Il est interdit d’interdire », « Faites l’amour, pas la guerre », « Ni Dieu ni maître ».
La femme revendique alors le droit au travail, la maîtrise de sa sexualité et de sa fertilité. La légalisation de la contraception et de l’avortement transforme profondément les mœurs.
Les divorces deviennent fréquents, le mariage est remis en cause et remplacé par des notions comme « l’amour libre » ou le « mariage à l’essai ». le besoin d’éprouver la solidité du couple avant d’y croire.
La peur de l’engagement s’installe. On oppose désormais amour et fidélité, émotion et promesse durable. A quoi bon faire des promesses que l’on ne saura tenir ?
Je n’ai pas besoin d’être prophète pour deviner que parmi nous, il y a des couples qui ne se sont jamais engagés civilement ; d’autres encore qui sont à deux pas de la rupture ; d’autres qui vivent un mariage sans partage, chacun faisant sa vie dans son coin…
Aujourd’hui encore, vivre un mariage solide et durable est devenu un véritable défi, y compris au sein de l’Église.
2. Les fondements bibliques du mariage
a) L’altérité des sexes : homme et femme
« Dieu créa l’homme à son image… Il les créa homme et femme. » (Genèse 1.27)
Le mariage biblique unit un homme et une femme. Cette complémentarité exclut toute autre forme d’union ou de sexualité hors du cadre conjugal mais aussi toute forme de sexe en solo.
Combien de couples font chambre à part ! Ce faisant, ils prennent des distances l’un vis-à-vis de l’autre et forcent le conjoint à l’abstinence ; celle-ci peut conduire à la masturbation sans parler de la pornographie et de l’adultère !
Le mariage implique une vie sexuelle régulière et partagée entre les époux. Le refus prolongé de l’intimité peut exposer le couple à de graves dérives spirituelles.
« Ne vous refusez pas l’un à l’autre… afin que Satan ne vous tente pas. » (1 Corinthiens 7.5)
b) L’engagement public : « jusqu’à ce que la mort nous sépare »
« Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. » (Matthieu 19.6)
Le mariage est un contrat à vie qui donne des droits et des devoirs. On « publie les bans », on envoie des « faire parts...
Le mariage est une alliance conclue devant Dieu et devant les hommes. En France, cet engagement se fait devant les autorités civiles et la cérémonie religieuse, aussi belle soit-elle, ne remplace pas le contrat civil devant Mr le Maire.
Cet engagement public protège le couple, les enfants et la société. Il exclut l’« amour jetable », l’« amour kleenex » : je me mouche avec toi et je te jette à la poubelle.
Toute société solide repose sur des familles stables. La société en banalisant le divorce s’éloigne de la pensée biblique.
c) Se marier « dans le Seigneur »
Pour le chrétien, le Nouveau Testament recommande clairement de se marier avec un conjoint partageant pleinement la même foi.
« Elle est libre de se remarier avec qui elle veut, pourvu que ce soit dans le Seigneur. » (1 Corinthiens 7.39)
J’imagine que si l’on met sous le même joug u bœuf et un cheval, on va rencontrer de sérieux problèmes d‘entente, de coordination… Malheureusement, beaucoup se croient plus intelligents que Dieu lui-même et choisissent délibérément de faire fi de ce conseil.
Un mariage spirituellement déséquilibré vous coûtera toujours plus cher que l'obéissance.
d) Le mariage comme don total et exclusif de soi
Le mariage implique un don de soi pour le meilleur et pour le pire. Le « pire » désigne les épreuves de la vie, non les abus ou les perversions.
On se donne, on ne se « prête » pas. On est responsable de ce qu’on a apprivoisé. On ne devrait pas « reprendre » ce qui a été donné. Cela constituerait une injustice. « Donner c’est donner, reprendre, c’est voler ». Le divorce, même si la Bible le tolère dans certains cas, n’est pas dans le plan parfait de Dieu.
« L’Eternel a été le témoin entre chacun de vous et la femme que vous ave épousée lorsque vous étiez jeune t que vous ave trahie. Elle était ta compagne, et tu avais conclu une alliance avec elle. Un homme en qui subsiste un reste de bon sens ne ferait pas cela !... – Car je hais le divorce, déclare l’Eternel. » Mal. 2 : 14-16
Le mariage est :
- exclusif (monogamie). Les cas de polygamie mentionnés dans les récits bibliques ne sont pas donnés en exemples, bien au contraire !
- fidèle (rejet de l’adultère). L’adultère est sévèrement condamné dans la Bible car il fait injure à la confiance qui doit être de mise pour qu’un mariage soit heureux. « Fuyez les unions illégitimes ! » 1 Cor. 6 : 18, « Que chacun respecte le mariage et que les époux restent fidèles l’un à l’autre. » Héb. 13 : 4
- irrévocable dans le cœur de Dieu. « L’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à SA femme. » Matth. 19 : 5 . « Que le mariage soit honoré de tous. » (Hébreux 13.4)
e) La pornographie est une forme d’adultère du cœur qui détruit de nombreux foyers
« Si quelqu’un jette sur une femme un regard chargé de désir, il a déjà commis adultère avec elle dans son cœur. Par conséquent, si to œil te fait tomber dans le péché, arrache-le et jette-le au loin… » Matth. 5 : 28, 29
C’est une arme satanique de choix pour vous détruire vous et votre famille. Si vous êtes accrocs à ce vice, vous avez besoin de le reconnaître, de le confesser à Dieu et à une tiers personne qui pourra vous servir de témoin, demander pardon à Dieu et à votre conjoint éventuellement puis vous devez y renoncer en demandant l’aide et la délivrance de Dieu.
3. Pourquoi tant de couples chrétiens se brisent-ils ?
Être chrétien ne consiste pas à fréquenter une église occasionnellement, en l’occurrence le jour de son mariage, mais à mettre en pratique la Parole de Dieu au quotidien :
- considérer l’autre comme au dessus de soi-même, faire à l’autre ce que l’on aimerait qu’il me fasse
- pardonner rapidement et demander pardon rapidement et aussi souvent que nécessaire
- dire la vérité,
- se sacrifier à l’image de Christ qui a donné sa vie pour son église. Dans la Bible c’est un commandement pour les hommes !
- se soumettre à l’ordre biblique, c’est un commandement pour les femmes : Dieu a confié à l'homme la responsabilité de chef de famille. Une équipe ne peut avoir 2 têtes; Mais attention être un bon leader ce n'est pas être matcho mais servir comme Christ a servi son église ! Un bon chef ne domine pas, il travaille avec, il gagne la confiance ; son comportement est en adéquation avec ses valeurs ; il sait remercier, encourager…
- marcher dans la fidélité, d’être fidèle l’un à l’autre…
Certains couples non chrétiens vivent ces principes sans le savoir, ce qui explique parfois leur stabilité apparente.
II. La voie biblique de la restauration du couple
1. La crise conjugale : témoignage
' On m’avait parlé de la crise de la quarantaine… J’ai plutôt vécu une crise aux abords de la cinquantaine ! Cette période est une zone de turbulence dans la vie des femmes en particulier. La pré-ménopause nous « travaille ». Notre corps commence à prendre de l’embonpoint et les rides se font plus sévères. C’est une période où beaucoup de femmes découvrent qu’elles ont un cancer au sein ou ailleurs (une vraie épidémie !). Les enfants sont en pleine crise d’adolescence ou s’envolent. Dans ce dernier cas, ces femmes, qui ont consacré leur vie pour élever leurs enfants, se retrouvent avec leur nid vide. Tout est calme et propre à la maison. L’ennui se faufile comme un rôdeur et vient voler notre sens à la vie, notre joie de vivre.
C’est le temps de nous poser des questions fondamentales : « Comment vais-je réagir ? Où vais-je investir mes énergies désormais ? Je reprends des études ? - J’ai des amies qui se sont lancées dans des études d’infirmière à 40 ans ! - Je cherche du travail ? » Une nouvelle phase s’ouvre à nous mais cette période de transition peut être dramatique.
Souvent les couples sont en crise ; et on commence à chercher ailleurs un autre amour… On se dit : « C’est maintenant ou jamais. Je suis encore capable de séduire. Je tente ma chance. » On s’illusionne ; on veut encore croire aux contes de fées. On est fatigué de se battre et on choisit la première porte de sortie qui s’offre à nous, espérant trouver de l’autre côté de bons pâturages.
Les divorces se multiplient avec leur lot de souffrances, de haine, d’amertume, le sentiment de gâchis, de temps perdu, de trahison… J’ai lu qu’un avocat spécialiste dans les cas de divorce disait que la plupart des couples qu’il rencontrait auraient souhaité avoir travaillé aussi dur pour construire leur mariage que pour survivre à leur divorce. C’est à cette période de leur vie que plusieurs de mes proches ont divorcé. Pour aucun d’entre eux ce ne fut un « divorce heureux » !
Je n’ai donc pas échappé à la crise. Mon sommeil a commencé à me lâcher ; l’empreinte de mes émotions sur mon mental se faisait de plus en plus profonde. Moi qui étais une femme toujours très active, « indispensable » à mes enfants, à mon mari, à l’Eglise, à Dieu ( ?? !!)… je me retrouvais chez moi, à m’ennuyer. Mes enfants faisaient leur vie ou désiraient que je me tienne à distance (pas facile de couper le cordon ombilical)…
Mon mari était affairé dans son ministère entouré de bons équipiers. A la maison, il désirait se relaxer, regarder un match de foot ou faire une petite promenade. Moi, par contre, je pétais les plombs. Je voulais sortir, voir du monde, voyager, faire des projets, retrouver un sens à ma vie.
L’ambiance à la maison devenait froide et tendue. Mon mari et moi-même étions « déconnectés ». Nous avons senti que nous avions besoin d’aide.
Je priais pour trouver pendant l’été une convention où nous pourrions nous ressourcer. J’ai reçu par email une pub pour « Jour J Normandie » à Lisieux. Mon mari était d’accord. Alors nous sommes partis. Là-bas, nous avons été rafraîchis par le Saint Esprit et avons trouvé sur la table de librairie plusieurs livres traitant du mariage, des conflits… Nous avons commencé une saison de lecture qui nous a été d’une aide appréciable : Les langages de l’amour, Les saisons du mariages, Vivre à deux : gérer les conflits dans le couple, Mariés pour la vie… Merci au Seigneur, qui ne nous a pas abandonnés alors que nous étions « en panne ».
La crise de milieu de vie, notamment autour de la cinquantaine, peut être pour les femmes comme les hommes une période de profond bouleversement : changements corporels, départ des enfants, perte de repères, ennui, questionnements existentiels.
Ces tensions affectent souvent la relation conjugale et peuvent conduire à des illusions dangereuses ou à la recherche d’un amour ailleurs.
2. Le chemin de la restauration
La restauration commence lorsque le couple reconnaît son besoin d’aide. Dieu n’abandonne jamais ceux qui crient à Lui.
Des temps de ressourcement spirituel, de lecture, d’enseignement et de dialogue peuvent ouvrir une nouvelle saison.
3. Trois clés essentielles pour restaurer le couple
a) Découvrir qui je suis
Dans la structure psychologique de l’être humain, il y a des tendances diverses. Nous ne fonctionnons pas tous de la même façon. Pour mieux comprendre notre conjoint, mieux l’accepter, j’ai trouvé utile de discerner quelles étaient mes « composantes » et les siennes.
Nos composantes ne sont pas forcément bonnes ou mauvaises. « Je suis qui je suis par la grâce de Dieu ! »
Nous évoluons aussi dans notre vie et pouvons donc passer d’une tendance à une autre.
Voici quelques composantes schématisées :
- L’extraverti : très ouvert vers les autres, il aime recevoir du monde à la maison ; partir en vacances avec des amis ; il aime fouiner en ville…
- L’intraverti : plus focalisé sur son monde intérieur : il préfère faire des ballades dans la nature que d’aller sur les plages bondées ; lire un livre dans son lit que d’aller au cinéma…
- Le raisonnable : il doit comprendre, il a besoin de voir, de toucher ; « T’es complètement folle ! Tu ne te rends pas compte… »
- L’intuitif » : il ressent les choses, « Je le sens bien »...
- L’initiateur : celui qui lance les projet) et
- L’exécutant : celui qui les réalise
On réfléchissant sur qui je suis à la date d’aujourd’hui, je pense être une combinaison d’extraverti, d’intuitif et d’initiateur.
Mon mari serait plutôt introverti, raisonnable. Il est comme moi « initiateur » ce qui provoque un déséquilibre car chez nous, on a plein d’idées mais personne ne se porte volontaire pour les exécuter !
Avez-vous réfléchi quelles étaient vos « composantes » et celles de votre conjoint ? Cette petite étude pourrait vous aider à éviter certaines « panne » dans votre relation. Ne cherchez pas à rendre votre conjoint semblable à vous. Respecter sa personnalité.
« Dieu a disposé chaque organe dans le corps, chacun avec sa particularité, comme il l’a trouvé bon. » 1 Cor. 12 :18
b) Découvrir les langages de l’amour
Dans la communication, il y a un émetteur et un récepteur. Il est important que ce que l’émetteur veut transmettre soit reçu 5 sur 5, sans qu’il y ait de malentendus. Un principe de base est de parler la langue de votre récepteur : en d’autres mots, si je suis française et que je veux communiquer avec un roumain, si celui-ci ne comprend pas le français, j’aurais beau y mettre tout mon cœur, il aura du mal à saisir mon message. Par contre si je fais l’effort de parler dans sa langue, alors ses yeux vont s’illuminer parce qu’il aura compris !
Il en est de même dans l’amour : il y a plusieurs langages. Pour que votre conjoint vous comprenne bien, il ne faut pas lui parler « votre langue maternelle » mais son langage à lui. Parmi les langages les plus reconnus, on en a répertorié 5 avec lesquels on peut dire « je t’aime »
- par la parole ou l’écrit. Ce langage est le plus connu. Il y a des personnes qui ont besoin qu’on leur dise leur « je t’aime » quotidien pour qu’elles se sentent aimées. D’autres vibrent quand leur conjoint leur envoie un petit mot affectueux en SMS. Ou une lettre avec un poème romantique à souhait …
Dans cette catégorie, on note également les paroles d’affirmation, d’encouragement : « Tu es plus belle que jamais ! » ; « Tu es la meilleure maman du monde ! » Mon mari est sensible à ce langage : il a besoin qu’on lui dise qu’il a assuré lors du dernier culte… Ou que je crois en lui pour tel projet, qu’il va y arriver. En France, on a tellement l’habitude de « casser », de « critiquer »…
Mais ce langage ne touche pas tout le monde. Il y en a même qui y sont allergiques : « Tous ces mots, c’est du blablabla… Paroles, paroles, paroles… Parce que quand j’ai besoin de toi, tu n’es jamais là… »
- en rendant service : à cette seconde catégories de personnes, il vaut mieux leur dire « je t’aime », en payant de sa personne, par des actes concrets : « Je sais que tu es fatiguée, alors demain, tu dors et c’est moi qui emmènes les enfants à l’école ! » ; « Ce soir, c’est moi qui cuisine. ». Personnellement, je suis sensible à cette marque d’affection : quand ma maison est sans dessus dessous et que mon mari met le tablier en se disant prêt à me seconder pour tordre le cou à ce géant de vaisselle… là, je ressens son amour !
- en faisant des cadeaux : d’autres personnes se sentent aimés quand on met pour elles la main dans le porte-monnaie. Elles sont sensibles aux cadeaux. Telle femme se sent sublime en portant fièrement le bijou que son amoureux lui a offert pour la Saint Valentin…
- en passant du temps avec la personne, en l’écoutant : Ce dont elle a besoin, c’est d’un mari présent, qui prend le temps de l’écouter sans lui faire sentir qu’il faut abréger, à qui elle peut raconter ses inquiétudes, ses souffrances mais aussi ses projets, ses rêves… Mon mari et moi-même, nous partageons ce langage. Pour nous, ces temps réguliers où nous nous retrouvons pour parler sont un ingrédient essentiel au bien-être de notre mariage.
- en manifestant votre affection par des gestes, le toucher : l’être humain n’est pas qu’un pur esprit ; il est corps et âme. L’amour, dans un couple, se parle en particulier à travers les relations sexuelles. Mais pas que. Il y a des gens qui ont besoin d’être constamment touchées, prises dans les bras, caressées pour se sentir vraiment aimées…
Ce langage est très important pour un bébé : des enfants sont morts, dans des orphelinats de Roumanie, simplement par manque de contacts physiques. Le pasteur de Bucarest a un ministère extraordinaire auprès des jeunes orphelins car il a su parler ce langage : quand il vous prend dans ses bras, et qu’il vous fait un bisou affectueux, je peux vous dire que vous vous sentez aimés !!!
Mon mari a compris à quels langages j’étais le plus sensible et j’ai compris quels étaient les siens. Attention, on croit les connaître ; mais mieux vaut vérifier !!!
L’amour s’exprime à travers plusieurs langages :
paroles valorisantes
services rendus
cadeaux
temps de qualité
contact physique
Aimer son conjoint, c’est apprendre à parler son langage, et non uniquement le sien.
c) Comprendre les saisons du mariage
De même qu’il existe un cycle de saisons dans la nature, de même en est-il dans l’histoire d’un mariage.
Le printemps : C’est l’époque des roucoulements, le temps des plantations : on fait des projets, on est de connivence, on met en route des bébés… On a espoir dans l’avenir. On a du plaisir à être ensemble. C’est le temps des cerises, du bonheur à croquer, de la romance. Ce temps de délice devrait aboutir à l’été.
« Ton amour est délicieux… ma fiancée… Tu es la source des jardins, un puits d’eaux vives. » Cant. des Cant. 4 : 10, 15
Mais, du printemps, on peut sauter à pieds joints en automne… Et là se situe mon témoignage.
L’automne : L’automne dans un mariage peut se situer après le départ des enfants du nid familial. Ce qui avait uni le couple depuis le début – à savoir l’éducation des enfants – n’est plus. Chacun alors affirme ses centres d’intérêt qui peuvent se situer aux extrêmes et les lieux de rencontre se font de plus en plus rares. Chacun fait sa vie de son côté.
Les conjoints accumulent les sentiments de frustrations sans les prendre à bras le corps pour les gérer. L’ennui apparaît mais aussi le ressentiment, l’amertume. Pour notre couple, nous étions en automne et il était urgent d’évoluer vers un nouveau printemps. Sans passer par la case de l’hiver qui est très douloureux pour un mariage.
« C’est pourquoi, je vais la reconquérir, la mener au désert et parler à son cœur. » Osée 2 : 16
- Il a fallu que je travaille sur moi-même : que je réfléchisse à l’allure que je voulais donner à la prochaine étape de ma vie. Que je prenne en main mon avenir. Que je ne reste pas passive à pleurer sur mes frustrations. Et ceci, devant Dieu, dans un perpétuel face à face avec mon créateur et mon Maître.
- Il a fallu que je travaille sur ma relation avec mes enfants : couper le cordon, ne plus vivre en fusion avec eux, maintenir une distance de sécurité.
- Il a fallu que je travaille sur ma relation avec mon mari : que j’écoute ce qu’il essayait de me dire. Que je lui exprime aussi mes pensées profondes. Que nous discernions les traits de personnalité de chacun et que nous travaillions à les accepter. Je me rappelle de certains repas au resto indien où l’on venait avec notre bouquin souligné et nous essayions d‘aborder une question après l’autre.
- Il a fallu prendre de bonnes décisions, être pro-actifs
- Avoir de nouveaux projets en commun : Nous avions fondé ensemble une famille, nous avions acheté une propriété et avions œuvré ensemble pour la restaurer, l’entretenir, la rendre belle et accueillante, une petite œuvre d’art, nous avions fondé une Eglise, acquis des locaux, fait naître la famille Foursquare en France… Quelles seraient nos futures collaborations ?
* les conférences où nous pourrions exercer notre ministère ensemble, mais aussi les voyages missionnaires comme celui qui nous a conduit à travers l’Europe de l’Est : Croatie, Bosnie, Serbie, Monténégro, Albanie…
* le lancement d’une école de disciples
* le mariage éventuel de nos enfants et l’accueil de nos petits enfants…
- Etre solidaire des projets de l’autre, l’aider à les accomplir ; ne pas les bouder, leur accorder toute l’attention nécessaire : c’est ainsi que mon mari m‘a laissé partir plusieurs fois en Roumanie, me soutient dans la présidence de l’association S’Père, et des Editions de la Re-Naissance. Quant à moi, j’ai encouragé mon mari à prendre des cours de chant sans faire la moue sur l’investissement financier que cela pouvait représenter.
- Accomplir les rêves caressés depuis toujours : avoir à nouveau quelques moutons, partir à la découverte de l’Ecosse…
-. Nous devions redécouvrir l’amusement en considérant davantage les goûts de l’autre : C’est ainsi que nous avons innové dans nos promenades découvrant les berges sablées du bord de Loire ou flânant dans les vignes regorgeant de fruits juteux. Jean-François a compris que je préférais un salon de thé romantique dans le Vieux Loche que le Mac Do de la zone commerciale. Moi, j’ai essayé de m’asseoir à ses côtés durant les matchs de foot ou de rugby. Nous avons aussi décidé de prendre du temps pour faire revivre nos amitiés qui ont été négligées de par notre vie trépidante menée jusqu’alors.
Je pense que par la grâce de Dieu nous sommes en train de sortir de cet automne tristounet et pluvieux pour nous diriger vers un été radieux.
« Tu verras le bonheur régner dans ta demeure. » (Job 5 : 24)
L’été : En fouinant dans mes vieux papiers, j’ai retrouvé cette lettre que mon mari m’avait écrite au début de notre mariage (il y a 28 ans de cela !), lors de nos premiers frottements :
' Cathy, je t’aime et veux t’aimer encore plus, j’ai besoin de toi, de ta présence, de ton amour, de ton encouragement… Puisse Dieu nous apprendre à nous aimer. Tu sais l’homme est un être fragile malgré les apparences et s’il est exigeant, surtout envers l’être de qui il se sait aimé, c’est parce qu’il a besoin d’être compris, d’être soutenu et un rien lui blesse le cœur.
Mon amour, c’est tel que je suis que je t’aime avec mes faiblesses et ma force ; ne sois pas découragée pour me rendre plus tel que tu voudrais que je sois. Mon Amour, je ne veux aimer d’un amour d’homme que toi. Sois sans crainte, un jour, nous en recueillerons les fruits.
Tu sais même quand je ne le voudrais pas, je t’aime encore, c’est plus fort que moi.
Ton Bien-Aimé'
Justement c’est cela l’été : c’est la période où l’on recueille les fruits ; c’est le temps des moissons, où l’on récolte ce l’on a semé. Le couple jouit de ce qu’il a bâti pendant des années : l’amitié avec ses enfants, la maison rénovée et payée, le jardin aménagé... C’est la saison où l’on regarde le chemin parcouru avec reconnaissance. On a le sentiment d’avoir accompli sa tâche avec bonheur.
Le couple se connaît mieux ; il sait quelles sont ses forces et ses faiblesses ; chaque époux a appris à gérer les situations de conflit rapidement. Il se concentre sur les côtés positifs de son conjoint. Il n’est plus idéaliste donc moins frustré.
Le couple connaît moins de stress financier et jouit de plus de liberté dans son emploi du temps : c’est le moment de vivre certains rêves comme partir en voyages, reprendre des études, explorer de nouvelles pistes…
Temps de maturité, de moisson et de reconnaissance.
L’hiver :
Malheureusement, alors que l’été devrait suivre le printemps, c’est souvent l’hiver qui vient frapper à la porte. Il faut à tout prix, éviter de tomber sur cette case.
Les émois amoureux des premiers instants ne sont pas éternels Soyons réalistes ! Les experts en la matière nous disent que le « sentiment amoureux » ne durerait que deux ans au maximum. Après cette période, l’amour devrait alors être conjugué à un autre mode.
Mais le message que les media et le monde véhiculent, est tout autre : il nous faudrait vivre sans cesse à nouveau ces premiers battements de cœur. Le seul moyen serait de changer de partenaire, l’amour ayant soi disant quitté le foyer.
L’hiver s’installe alors peu à peu. Les conjoints s’éloignent inexorablement l’un de l’autre. Chacun vit sa vie de son côté ; Chacun vit pour soi et reste sur son quant à soi. Il ne veut rien lâcher : C’est comme ça, un point, c’est tout ! Pas de dialogue, pas d’écoute, pas de compromis. L’autre devient un ennemi à abattre. C’est la saison des insultes ou des semaines de mutisme. Chacun souffre dans son coin, se sent incompris, rejeté, trahi. On pense qu’il n’y a plus d’autre issue que la séparation.
Sortir de cette saison, est tout un parcours. Mais il faut le vouloir et si possible à deux. Il faut reconnaître le besoin d’être aidés. Il faut de l’humilité, de la volonté, du courage. Il faut tordre le cou au mensonge qui voudrait nous faire croire que la meilleure solution est le divorce. Un divorce n’est jamais facile, n’est jamais heureux ni pour vous, ni pour votre conjoint, ni pour vous enfants, ni pour votre entourage.
Un foyer en hiver aura besoin certainement d’une aide extérieure : un ami, un pasteur, un conseiller conjugal, un psychologue… Mais avant tout il aura besoin de faire appel au Dieu qui est Amour et qui a institué lui-même le mariage. Ce Dieu a promis de nous aider à être fidèle l’un envers l’autre, à reconstruire ce qui a été endommagé ou détruit : aujourd’hui, si vous vous sentez dans cette situation, criez à Lui !
Et puis essayez de faire un pas vers l’autre, de lui demander pardon, de lui dire « je t’aime » dans son langage d’amour. L’amour avant d’être une émotion est d’abord un acte de volonté. Refusez la haine. Refusez le non pardon.
Conclusion : Le chant 'Ne me quitte pas' de Jacques Brel dit vrai : un amour peut revivre comme un volcan éteint !
'Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le coeur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
On a vu souvent
Rejaillir le feu
D'un ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril
Je te parlerai
De ces amants là
Qui ont vu deux fois
Leurs coeurs s'embraser'
Vivre un nouveau printemps dans votre amour est possible… Je vous souhaite tout le bonheur du monde.
III. Divorce : discernement biblique et grâce de Dieu
1. Le mariage comme contrat de vie
Le mariage est un contrat de vie entre un homme et une femme responsables qui se décline ainsi :
- vie sexuelle avec le conjoint d’une façon exclusive
- protection, soins, respect mutuels
- promesse de fonder une famille si possible
- pourvoir aux besoins matériels
- et ce, « jusqu’à ce que la mort les sépare »
Jésus prie pour que ses enfants soient UN, unis dans l’amour ; c’est l’objectif idéal à atteindre ; c’est une lutte constante dans le Corps de Christ, dans les dénominations, dans les églises locales, comme dans les familles chrétiennes.
A première vue, en cas de conflit, il semble plus facile de se séparer que de rester ensemble. Mais c’est être aveugle sur toutes les conséquences dramatiques qui vont toucher les plus faibles (les enfants, le conjoint resté seul et sans ressource…) C’est pour cela que le cœur de Dieu, c’est que l’on respecte les engagements mutuels.
2. Le cœur de Dieu face au divorce
Dieu hait le divorce comme il hait tout péché (le mensonge, les faux serments…) Le divorce est une forme de trahison à haut niveau.
Dieu hait le divorce comme toute trahison grave, car il détruit les plus faibles : enfants, conjoint abandonné, famille élargie.
C'est pourquoi Ecclésiaste 5 dit qu’il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de faire des vœux !
3. Les clauses bibliques de divorce
La Bible mentionne 3 clauses pour justifier un divorce :
- la dureté du cœur : Matthieu 19:8-9 : « Jésus leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère. »
- la pornéia : c'est à dire avoir des relations sexuelles hors du mariage, un dérèglement sexuel (toutes les variantes ne sont pas forcément précisées dans le Nouveau Testament ; il faut garder « l’esprit » et non « la lettre ») Ce qui fait l’originalité du péché sexuel par rapport à tous les autres, c’est qu’il implique le corps humain plus que tous les autres et que ce corps n’est pas à considérer comme quantité négligeable, car il a été créé pour devenir le temple du St Esprit et connaître la résurrection.
- le conjoint non croyant qui veut se séparer
Il est toujours important de se rappeler que les lois de Dieu sont faites pour le bien de l’homme et non pour enfermer l’homme dans la Loi : Marc 2:27 : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat. »
David et ses hommes ont mangé les pains offerts dans le Tabernacle 1 Samuel 21:1-6, car ils avaient faim
Les disciples de Jésus ont violé la loi du Sabbat en mangeant des épis Matthieu 12:1-2
Jésus guérit une femme malade depuis 18 ans un jour de sabbat, montrant que faire le bien est permis même le sabbat Luc 13:10-17
Le cœur de Dieu, c’est de protéger les droits des plus faibles (le plus souvent – mais pas toujours – ce sont les femmes et les enfants) D’où l’importance de considérer le contexte, de ne pas généraliser mais plutôt de faire du cas par cas.
C’est parce ce qu’il y avait abus de la clause de divorce présente dans la Loi de Moïse que Jésus a dû resserrer la vis ! Dans le contexte de l’époque, un homme juif pouvait divorcer pour un plat qui avait brûlé !
Dans la mesure où les engagements du mariage ne sont pas respectés de façon permanente et volontaire, que les plus faibles ne sont pas aimés, protégés, nourris, respectés, que le contrat est violé chaque jour que Dieu fait, la séparation définitive peut être considérée comme un moindre mal.
4. Les conséquences du divorce
Si un couple chrétien n’a pas eu le courage, la persévérance de se battre pour protéger son mariage, les conséquences peuvent être nombreuses et douloureuses :
- la faveur de Dieu peut se retirer
- le Corps de Christ souffre
- le Nom de Jésus est bafoué
- l’ennemi en profite pour s’infiltrer dans la famille et accrocher ses hameçons (maladies, liens, malédiction…)
- une discipline ecclésiastique peut être envisagée à l’égard du coupable (les deux ne sont pas forcément coupables !!!)
5. Le divorce un péché pardonnable
Le divorce est pardonnable s’il y a sincère repentance, volonté de restituer ce qui peut encore l’être…
Si Jésus a dit à la femme adultère : « Je ne te condamne pas non plus, va et ne pèche plus » Jean 8:11, il peut aussi le dire à ces personnes.
Seul le péché contre le Saint-Esprit n'est pas pardonnable ! Matthieu 12:31-32
6. Attention aux incohérences
- Pour pouvoir divorcer dans les « règles », un tel ou une telle va souhaiter que son conjoint indigne et abusif devienne aussi « adultère » et même le pousser vers cela !
Concernant la discipline ecclésiastique :
- les personnes célibataires aux relations sexuelles multiples sont parfois considérées avec plus de souplesse que la personne divorcée qui a épousé un conjoint se dévoilant alcoolique, violent, paresseux, tyrannique, joueur...
- l’Eglise se fait une joie de marier les chrétiens frivoles qui, enfin, décident à « se caser » mais fait la moue pour remarier un frère ou une sœur divorcé resté fidèles . Condamner une personne divorcée à ne pas se remarier à vie n'est-il pas contraire à l’esprit de la Loi qui est faite pour l’homme. Car mieux vaut se marier que de brûler dit l'Ecriture : 1 Corinthiens 7:9 : « s’ils ne peuvent se contenir, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler. »
Dieu n’a pas tenu grief à Moïse pour s’être remarié avec la femme éthiopienne ; Dieu a béni maintes et maintes dénominations qui sont nées de schismes. De même, en est-il de nombre de couples (anciennement divorcés) qui servent Dieu avec bonheur…
7. Attention à la précipitation
Chaque personne qui passe par un échec matrimonial doit prendre le temps de faire son deuil et de tirer les conséquences de son échec marital.
IV. La séparation temporaire : un outil pastoral pour les couples en crise
Dans un couple en grande difficulté d’entente, la séparation peut-être utile dans la mesure où elle est
- ponctuelle,
- d’un commun accord
- pour vaquer à la prière
- dans un objectif de restauration.
L’objectif étant, à plus long terme, de reprendre la vie commune dans de meilleures dispositions. Vivre séparés à vie est un manque de sagesse qui peut engendrer bien d’autres maux ou péchés :
- contrôle psychologique malsain sur le conjoint,
- incitation à pécher (adultère dans les pensées ou en action)
- souffrances (solitude, problèmes pour l’éducation des enfants…-)
Conclusion : un nouveau printemps est possible
Un amour peut revivre ! Luc 1:37 : « Car rien n’est impossible à Dieu. »
Pour approfondir votre réflexion sur le mariage nous vous conseillons aussi ces shorts vidéo de Nath :
Comment se débarrasser de vos problèmes de couple ? Conseil aux maris
Comment se débarrasser de vos problèmes de couple ? Conseil aux épouses - partie 1
Comment se débarrasser de vos problèmes de couple ? Conseil aux épouses - partie 2
Comment se débarrasser de vos problèmes de couple ? Conseil aux épouses - partie 3