Surmonter l'offense

Guérison Biblique des Blessures Émotionnelles et des Traumas : Pardonner, Restaurer et Se Libérer

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C'est ici l'étape 42 de notre parcours de formation

Une des plus grandes souffrances que tu auras à surmonter dans ton ministère et ta vie chrétienne est celle de l'offense.

C'est pourquoi on a créé ce module complet pour découvrir comment Jésus peut restaurer notre âme, guérir nos traumas et nos blessures émotionnelles.

Tu y découvriras des clés bibliques pour pardonner, restaurer vos relations brisées, sortir du triangle blessé et vivre une vraie liberté intérieure.




PARTIE 1 — Guérison et restauration de l’âme : le message d’Ésaïe 52



Avant d'aller plus loin commence par lire dans un esprit de méditation Ésaïe 52.1–12


Objectifs pédagogiques de cette partie 1


• Comprendre le contexte historique et prophétique d’Ésaïe 52

• Identifier le message de restauration adressé à un peuple blessé

• Comprendre le lien entre Ésaïe 52 et Ésaïe 53

• Voir comment cette prophétie s’accomplit en Jésus-Christ

• Appliquer ces vérités à la guérison des blessures émotionnelles


Dans ce premier enseignement, nous allons découvrir que la guérison intérieure et la restauration commencent par un appel de Dieu : se relever.

Le prophète Ésaïe adresse un message d’espérance à un peuple blessé, humilié et captif.

Ce message reste aujourd’hui d’une actualité puissante pour toutes les personnes qui portent des blessures émotionnelles, des offenses ou des relations brisées.


Le contexte historique de ce passage


Ce passage appartient à la grande section du livre d’Ésaïe chapitres 40–55, souvent appelée :

« Le livre de la consolation »

Quand le texte dit : « Mon peuple est descendu autrefois en Égypte pour y séjourner, puis l’Assyrien l’a opprimé sans cause… » v 4

Il rappelle les oppressions passées vécues par Israël afin de montrer un schéma récurrent dans son histoire.

Les grandes périodes d'oppression :

Séjour en Égypte où Israël expérimente l'esclavage (entre 100 et 200 ans d’esclavage sévère)

Déportation en Assyrie en 722 av. J.-C. où le Royaume du Nord expérimente l'oppression

Déportation à Babylone qui débute 605 av. J.-C. et où les juifs vont vivre en exil pendant 70 ans

L'idée de ce passage biblique est claire : Ce n’est pas la première fois que mon peuple est humilié.

Cela peut faire écho à notre propre histoire. Peut-être que ta vie aussi a été marquée par plusieurs blessures ou oppressions successives.


« Secoue ta poussière » v.2


« Secoue ta poussière, lève-toi, assieds-toi, Jérusalem ! Détache les liens de ton cou, captive, fille de Sion ! » v 2

Le prophète utilise ici un langage symbolique puissant.

La poussière est une image de deuil, d'humiliation, elle évoque quelqu’un assis à terre.

Les chaînes au cou est un symbole de l’esclavage, un symbole de la captivité.


« Lève-toi et reprends ta place » v.2


C'est un appel à retrouver une position de dignité, à passer de la position de vaincu à celle de restauré.

Dieu ne promet pas seulement : la fin du malheur. Il promet une restauration de la dignité bafouée.

Jérusalem est appelée à se relever comme une reine libérée.


Voici un porteur de Bonne Nouvelle v.7


« Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles… »

Le mot « bonnes nouvelles » en hébreu est : Besorah

Il signifie : l’annonce d’une victoire.

Ce messager proclame :

la paix

le bonheur

le salut

« Ton Dieu règne ! »

Ce n’est pas seulement la fin de l’exil à Babylone qui est annoncée.

C’est la proclamation que Dieu reprend officiellement son règne sur son peuple.


Les versets 9-10 : le salut visible pour les nations


« L’Éternel console son peuple… Toutes les extrémités de la terre verront le salut de notre Dieu. »

Les nations voient l’action de Dieu. La perspective est double :

Historique : Le retour d’exil de Babylone

Prophétique : Le salut révélé aux nations


Un appel à sortir v.11-12 à vivre un nouvel Exode


Le verset 11 : « Sortez ! Sortez ! » fait clairement écho à l’Exode hors d’Égypte.

Le retour d’exil est présenté comme : un nouvel Exode.

Dieu libère encore son peuple.


Liens entre Esaïe 52 et Ésaïe 53


Il est important de noter que le chapitre 53 commence en réalité en Ésaïe 52.13.

La division des chapitres de la Bible date du Moyen-Age.

Mais en réalité : Ésaïe 52.13 – 53.12 forme une seule unité.

Nous avons donc :

Ésaïe 52.1-12 : Annonce de la délivrance des malheurs passés.

Ésaïe 52.13 – 53.12 : Révélation du moyen par lequel cette délivrance va s’accomplir.


« L’Éternel a découvert son bras saint » v.10


On pourrait s’attendre à une intervention spectaculaire et musclée de Dieu.

Mais la révélation surprend le Messie, le Sauveur « n’aura ni beauté, ni éclat… » (53.2)

Le bras de Dieu ne se manifestera pas par une puissance militaire.

Il se manifeste par un serviteur qui souffre.

Le plan de Dieu est étonnant. Quelqu’un va porter ce que le peuple méritait.

Sion était captive, le Serviteur sera opprimé.

Sion est restaurée, le Serviteur est brisé

« Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui » (Ésaïe 53.5)

La restauration devient possible parce qu'Il porte les fautes de plusieurs (Ésaïe 53.11)


La reprise de ces textes d'Esaïe 52:13 à 53: 12 dans le Nouveau Testament


Le Serviteur d'Esaïe 52:13 est identifié à Jésus


Dans Actes 8.32-35, l’eunuque lit Ésaïe 53 et demande :

« De qui le prophète parle-t-il ? »

Philippe lui annonce que ce texte parle de Jésus.


La souffrance innocente et substitutive du Serviteur dans l'épître de Pierre


1 Pierre 2.22-25 : « Lui qui n’a point commis de péché… Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps… C’est par ses meurtrissures que vous avez été guéris. »


La Bonne Nouvelle d’Ésaïe 52.7 est celle de l'évangile


Paul cite ce texte dans Romains 10.15 : « Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la bonne nouvelle ! »

Pour Paul : la Bonne Nouvelle annoncée par Ésaïe trouve son accomplissement dans l’Évangile du Christ.


Que nous promet l’Évangile du Christ ?


Les parallèles entre Ésaïe 52 et Luc 4


Ésaïe 52 : « Secoue ta poussière, détache les chaînes »

Luc 4.18-19 : « Dieu m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres… pour guérir ceux qui ont le cœur brisé… pour proclamer aux captifs la délivrance… pour renvoyer libres les opprimés… pour publier une année de grâce du Seigneur. »

Puis Jésus déclare :

« Aujourd’hui cette parole de l’Écriture est accomplie » (Luc 4.21)


C'est ce que nous voulons expérimenter dans ce séminaire sur la guérison des blessures émotionnelles


Pendant ce module sur la guérison des blessures émotionnelles, nous voulons proclamer cette vérité que Dieu appelle chacun à se relever. Comme pour Jérusalem Dieu nous demande :

de secouer notre poussière

de détacher nos chaînes

de retrouver notre dignité

Nous voulons dans ce cours nous approprier par la foi la guérison promise dans l’Évangile.


Alors prends maintenant quelques instants devant Dieu et réfléchis .


• Quelles sont les blessures émotionnelles qui t’ont marqué ?

• Y a-t-il des offenses non pardonnées dans ton cœur ?

• Y a-t-il des situations où tu te sens encore humilié ou lié ?

Note dans un carnet : Ce que Dieu t’invite à secouer comme poussière.


Prière pour la guérison de nos blessures intérieures


Seigneur,

Tu vois les blessures de mon cœur.

Tu connais les humiliations, les offenses et les chaînes que j’ai portées.

Aujourd’hui je réponds à ton appel :

Je veux secouer la poussière du passé.

Je te remets mes blessures.

Je te remets les offenses.

Merci parce que par les meurtrissures de Jésus je peux être guéri. Amen.




PARTIE 2 : Trois types d’offenses et leurs leçons bibliques


Cette partie 2 de ce séminaire est inspiré du livre de John Bevere 'L’offense l’arme cachée de satan. De votre réaction dépend votre bien-être' paru aux Editions Vida en 1998

Chaque chrétien sera un jour ou l’autre offensé par quelqu’un ! Et plus ce quelqu’un est proche de toi, plus ça sera douloureux !

Un chrétien offensé est un chrétien en situation d’être piégé. Sa vie entière et son ministère peuvent en être affectés profondément. L’offense affecte le cœur, elle le rend colérique, intransigeant, cassant, suspicieux, critique, distant, déprimé…

Comment réagir quand les gens nous font du mal, nous blesse ? Voici l'étude de 3 cas de figure :


1. Les offenses par nos pairs et notre parenté – l’exemple de Joseph


Tous ceux avec qui nous avons ou avons un lien fraternel de proximité.

Voici l’histoire de Joseph :

11ème fils de Jacob fut trahi par ses frères et victime d’un complot visant à l’éliminer.

Vendu comme esclave, sa vie va être détruite par sa propre famille. A cette époque une personne vendue comme esclave à l’étranger restait esclave jusqu’à sa mort, la femme qu’il épouserait ainsi que ses enfants seraient eux aussi esclaves.

Ses propres frères – issus d’un même père, de la même chair, du même sang - vont lui enlever son identité, son nom, sa famille, son avenir, son héritage… Peut-être Joseph aurait-il préféré être tué ; au moins son cauchemar aurait pris fin ! Dans quel état aurais-tu été à sa place ? Au fond du lit, sous antidépresseurs, avec des pensées suicidaires ?

Il est écrit en Genèse 39 : 2 : 'Le Seigneur était avec Joseph, si bien que tout lui réussissait.' FC.

Joseph a trouvé la force de continuer à vivre et même à devenir un esclave qui prospère !


L'offense subie n'empêche pas la bénédiction de Dieu sur notre vie


Voici une 1ère leçon à retenir de l'histoire de Joseph : L’offense subie aussi grave soit-elle n’empêche pas la bénédiction de Dieu d’être sur la vie de quelqu’un, elle ne l’empêche pas de prospérer ! Mais une mauvaise réaction à l’offense Oui !

Mais le cauchemar de Joseph ne va pas s’arrêter là !

La femme de Potiphar va jeter son dévolu sur ce bel esclave en vue de coucher avec lui. Mais puisqu’il refuse pour le punir de son non-crime, il va être accusé de tentative de viol et se retrouver en prison au fond d’une fosse sans lumière ni chaleur ! Un esclave étranger accusé de viol n’avait à l’époque pratiquement aucune chance de s’en sortir ! Joseph se retrouve donc aussi bas qu’un homme puisse être… sans être mort !

A quoi pensait-il dans l’obscurité humide de ce cachot ? « J’ai servi mon maître avec intégrité pendant 10 ans, je lui suis plus fidèle que sa femme, je suis resté fidèle à Dieu et voilà ma récompense ! »

Joseph allait-il cette fois-ci être vaincu par l’offense ? Il est écrit dans Genèse 39 : 21 : 'L'Éternel fut avec Joseph, et il étendit sur lui sa bonté. Il le mit en faveur aux yeux du chef de la prison.' SG

Au lieu de se morfondre Joseph va se mettre au service de son geôlier et se rendre utile, même si ce n’était pas là, loin s’en faut, la carrière qui lui avait été promise.


Quand un être humain est enfermé dans le filet de l’offense, il perd sa clairvoyance spirituelle. Sa rancune et sa haine l’aveuglent !

Mais chez Joseph, sa sensibilité spirituelle n’a pas été affectée par les graves injustices dont il est victime et il va être capable d’interpréter les rêves du panetier et de l’échanson. Et même quand l’échanson va oublier sa promesse de plaider sa cause devant le Pharaon, sa vue spirituelle ne va pas diminuer car 2 ans plus tard, il verra toujours assez clair pour interpréter le rêve de Pharaon !

Dans quel état spirituel aurais-tu été à sa place ? Pharaon parle de lui comme d’un « homme rempli de l’Esprit de Dieu » (Cf. Genèse 41 : 38) ! S’il avait été question de toi ou de moi, comment nous aurait-il jugés ? De personnes remplies de colère, rongées par l’amertume, la rancune, la haine ?

Puis va venir le moment de la confrontation et de la restauration :

Joseph l’esclave immigré et trahi va devenir l’homme le plus puissant d’Egypte après Pharaon ! Genèse 42 : 6 et 9 : 'Les frères de Joseph vinrent, et se prosternèrent devant lui la face contre terre… Joseph se souvint des songes qu'il avait eus à leur sujet.'


L'offense subie ne peut pas nous voler les promesses de Dieu pour notre vie


Voici une 2ème leçon à retenir : L'offense ne peut pas nous voler les promesses de Dieu

Quand une offense n’est pas nourrie, ressassée… quand on ne la laisse pas nous enfermer, nous contrôler, nous obséder… quand on lui dit « non » comme Joseph a dit « non » à la femme de Potiphar, elle ne peut pas nous ravir notre destinée et faire avorter le plan que Dieu avait formé pour notre vie !

Parfois, comme ce fut le cas pour Joseph, ce sont même les offenses injustes qu’on a subi qui vont tracer le chemin de notre destinée.

John Bevere écrit dans son livre : Aucun homme, aucune femme, aucun enfant ni même le diable ne peut vous soustraire à la volonté de Dieu ! Il n’y a que Dieu, et personne d’autre, qui tienne votre destinée dans ses mains. Alors au lieu de pleurnicher dans ton coin, de te lamenter sur ton sort, crois-le et proclame que le Dieu de Joseph est aussi ton Dieu et quel que soit ce que l’un ou l’autre a pu faire contre toi, le mot de la fin revient toujours au Seigneur !


Joseph a sans doute été tenté de se venger ! Quand ses frères sont venus se prosterner devant lui il aurait pu les jeter en prison, les torturer, les tuer. Mais même si Joseph au début les a un peu « cuisinés », il a finalement choisi la voie du pardon discernant dans tout ce qui lui était arrivé la main de Dieu

Joseph dit à ses frères : 'Approchez-vous de moi. Et ils s'approchèrent. Il dit: Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour être mené en Égypte. Maintenant, ne vous affligez pas, et ne soyez pas fâchés de m'avoir vendu pour être conduit ici, car c'est pour vous sauver la vie que Dieu m'a envoyé devant vous. Voilà deux ans que la famine est dans le pays ; et pendant cinq années encore, il n'y aura ni labour, ni moisson. Dieu m'a envoyé devant vous pour vous faire subsister dans le pays, et pour vous faire vivre par une grande délivrance. Ce n'est donc pas vous qui m'avez envoyé ici, mais c'est Dieu…' Genèse 45 : 4-8

Joseph déclare encore dans Genèse 50 : 20 : 'Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.'


Toi qui a été offensé, prends de la hauteur et vois au-delà de la trahison dont tu as été victime, la souveraineté de Dieu ! Discerne son chemin dans ton cauchemar. Peut-être le scénario que tu avais imaginé pour ta vie, pour ton ministère n’est pas celui que tu as vécu, mais la promesse et la destinée de Dieu pour ta vie restent cependant d’actualité !

Joseph a mis en pratique l’enseignement de Jésus avant l’heure : 'Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.' Matthieu 5 : 43-48


Notre statut de victime ne justifie pas notre recours à la vengeance


Notre statut de « victime » ne peut pas justifier en tant que disciple du Christ notre rancune, notre haine.

Dans Genèse 45 : 14-15, il est dit que 'Joseph se jeta au cou de Benjamin, son frère, et pleura… Il embrassa aussi tous ses frères, en pleurant.' SG

Et dans Genèse 50 : 21 : ' N'ayez donc aucune crainte : je prendrai soin de vous et de vos familles. » Par ces paroles affectueuses, il parla à leur cœur et il les réconforta.' FC

Si ça ce n’est pas un miracle !

Prière « Seigneur un chrétien je voudrais être dedans mon cœur, donne-moi Seigneur de l’être dedans mon cœur. Seigneur comme Joseph je voudrais être dedans mon cœur, donne-moi Seigneur de l’être dedans mon cœur.»


2. Les offenses par nos pères et figures d’autorité – l’exemple de David face à Saül


Il existe quelque chose encore plus douloureux que l’offense des pairs ou des frères ou des sœurs : l’offense des pères !

Le mot père ne désigne ici pas seulement notre père biologique, mais tout chef, toute autorité que Dieu a mise au-dessus de nos vies.

Ce qu’on attend d’un père, d’un chef, c’est de l’amour, de l’attention, de la protection, qu’il prenne bien soin de nous et nous aide à réussir notre vie, notre mission.


Voici l’histoire de David :

David était un jeune berger israélite avec une onction particulière pour la musique.

Il est écrit dans 1 Samuel 16 : 14-23 que 'L'Esprit de l'Éternel se retira de Saül, qui fut agité par un mauvais esprit venant de l'Éternel. Les serviteurs de Saül lui dirent : Voici, un mauvais esprit de Dieu t'agite. Que notre seigneur parle ! Tes serviteurs sont devant toi. Ils chercheront un homme qui sache jouer de la harpe ; et, quand le mauvais esprit de Dieu sera sur toi, il jouera de sa main, et tu seras soulagé. Saül répondit à ses serviteurs : Trouvez-moi donc un homme qui joue bien, et amenez-le-moi. L'un des serviteurs prit la parole, et dit : Voici, j'ai vu un fils d'Isaï, Bethléhémite, qui sait jouer… David arriva auprès de Saül, et se présenta devant lui ; il plut beaucoup à Saül, et il fut désigné pour porter ses armes. Saül fit dire à Isaï : Je te prie de laisser David à mon service, car il a trouvé grâce à mes yeux. Et lorsque l'esprit de Dieu était sur Saül, David prenait la harpe et jouait de sa main ; Saül respirait alors plus à l'aise et se trouvait soulagé, et le mauvais esprit se retirait de lui.' SG

C’est ainsi que la vie de David fut attachée à celle d’un père, d’un chef qui l’aimait et l’appréciait beaucoup.


Quand le géant Goliath se mit à défier l’armée d’Israël, le roi Saül fit cette promesse : Si quelqu'un le tue, le roi le comblera de richesses et lui donnera sa fille en mariage 1 Samuel 17 : 25 SG C’est ainsi que Saül ne sera pas seulement un chef pour David mais aussi son propre beau-père !

Dans 1 Samuel 18 : 15, il est écrit que 'David allait et réussissait partout où l'envoyait Saül ; il fut mis par Saül à la tête des gens de guerre, et il plaisait à tout le peuple, même aux serviteurs de Saül.' SG

Jusqu’ici, tout semblait se passer à merveille : Saül était devenu pour David un père, un bienfaiteur, un leader providentiel envoyé par Dieu pour le faire sortir de l’ombre et le propulser vers un avenir prometteur… David bénéficiait de sa protection, de ses faveurs, de son affection, de son admiration, de ses promotions…


Mais les choses vont commencer à se gâter !

Les embrouilles vont commencer avec une chorale de femmes : 'Lors du retour de David après qu'il eut tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d'Israël au-devant du roi Saül, en chantant et en dansant, au son des tambourins et des triangles, et en poussant des cris de joie. Les femmes qui chantaient se répondaient les unes aux autres, et disaient : Saül a frappé ses mille, -Et David ses dix mille.' 1 Samuel 18 : 6-7

La gaffe !!!

Saül fut très irrité, et cela lui déplut. Il dit : On en donne dix mille à David, et c'est à moi que l'on donne les mille ! Il ne lui manque plus que la royauté. Et Saül regarda David d'un mauvais œil, à partir de ce jour et dans la suite. v 8-9


Le roi Saül était en fait un leader insécurisé et les succès de David l’ont rendu jaloux ! 'Le lendemain, le mauvais esprit de Dieu saisit Saül… David jouait, comme les autres jours, et Saül avait sa lance à la main. Saül leva sa lance, disant en lui-même : Je frapperai David contre la paroi. Mais David se détourna de lui deux fois.' v.10-11 Quel choc pour David ! Ce père jadis si bienveillant est devenu un meurtrier !

'Saül craignait la présence de David, parce que l'Éternel était avec David mais s'était retiré de lui. Il l'éloigna de sa personne…' v.12-13

Quelle douleur quand le cœur d’un père commence à s’éloigner de vous et qu’un leader que vous aimiez commence à prendre ses distances à votre égard!

Comme Saül n’était pas un leader, un père courageux, il voulut laisser aux autres le soin de faire le sale boulot : 'Je ne veux pas mettre la main sur lui, mais que la main des Philistins soit sur lui.' v.17

'Saül avait le dessein de faire tomber David entre les mains des Philistins.' v.25 Mais Dieu va protéger la vie de David et 'Saül craignit de plus en plus David, et il fut toute sa vie son ennemi.' v.29


Comment David a t'il géré les offenses causées par Saül ?


Saul va devenir désormais le cauchemar de David ! Imaginez un père, un leader, un époux que vous avez aimé et qui vous a aimé et qui devient votre ennemi pour tout le reste de votre vie ! Jadis proches, complices aujourd’hui séparés par la haine et la jalousie ! Comment David va-t-il gérer cela ? Va-t-il tomber dans le filet de l’oiseleur, le piège de l’offense ?


1) David va être obligé de s’enfuir et de se cacher pour mettre sa vie en sécurité. Il va aller de désert en désert, de caverne en caverne… Il est sage de savoir se mettre en sécurité quand nous sommes en danger ! Ce serait une folie de se mettre dans la gueule du loup au nom de l’amour et du pardon !


2) Il est écrit dans 1 Samuel 24 : 4-8 qu’au désert d’En Guédi, 'Saül vit une caverne et il y entra pour satisfaire un besoin naturel. Or David était caché au fond de cette caverne avec ses compagnons. Ceux-ci lui chuchotèrent : « Voici le moment annoncé par le Seigneur, lorsqu'il t'a dit : “Un jour, je te livrerai ton ennemi, pour que tu le traites comme il te plaira.” » Alors David s'avança et il coupa discrètement un pan du manteau de Saül. Mais dès qu'il eut fait cela, son cœur se mit à battre très fort. Il dit à ses compagnons : « Que le Seigneur me préserve d'attenter à la vie de mon maître, comme vous le suggérez ! En effet, c'est le Seigneur lui-même qui l'a choisi comme roi, il a été choisi avec l'huile d'onction. » Par ces paroles, David réussit à empêcher ses compagnons de se jeter sur Saül.' FC


David comme Joseph a connu la tentation de la vengeance mais il a choisi une autre voie : Quand Saül fut à distance, David dit à Saül : 'Pourquoi écoutes-tu les propos des gens qui disent : Voici, David cherche ton malheur ? Tu vois maintenant de tes propres yeux que l'Éternel t'avait livré aujourd'hui entre mes mains dans la caverne. On m'excitait à te tuer ; mais je t'ai épargné, et j'ai dit : Je ne porterai pas la main sur mon seigneur, car il est l'oint de l'Éternel. Vois, mon père, vois donc le pan de ton manteau dans ma main. Puisque j'ai coupé le pan de ton manteau et que je ne t'ai pas tué, sache et reconnais qu'il n'y a dans ma conduite ni méchanceté ni révolte, et que je n'ai point péché contre toi.' v. 9-11 SG

Dans le cœur de David, il est dit qu’il n’y avait ni méchanceté ni révolte ! Ouah ! David lui aussi comme Joseph pratiquait déjà Matthieu 5 avant que cela ne soit écrit ! Saül lui-même l’a reconnu : Il dit à David : 'Tu es plus juste que moi ; car tu m'as fait du bien, et moi je t'ai fait du mal. Tu manifestes aujourd'hui la bonté avec laquelle tu agis envers moi, puisque l'Éternel m'avait livré entre tes mains et que tu ne m'as pas tué. Si quelqu'un rencontre son ennemi, le laisse-t-il poursuivre tranquillement son chemin ? Que l'Éternel te récompense pour ce que tu m'as fait en ce jour !' v. 17-19 SG


David a dû certainement se dire : « Père, leader, j’attendais autre chose de toi que ce que je vis en ce moment mais je renonce à te faire payer ma déception et ton injustice et remet mon offense entre les mains de Dieu, qu’il soit l’arbitre entre nous 2 ! »

C’est peut-être ce que tu aurais aussi envie de dire face à la souffrance que te fait endurer ton mari, ton supérieur, ton père…

Mais David n’est pas resté prisonnier dans le filet de l’oiseleur, il n’a pas été vaincu par le mal mais vainqueur du mal par le bien ! Alors crois que c’est aussi possible pour toi.

David aura une 2ème occasion de se venger, de se faire justice au désert de Ziph cf. 1 Samuel 26 mais il restera sur la même ligne de conduite : la non-vengeance !


Notre statut de victime ne nous autorise pas à devenir meurtrier


C'est là une leçon à retenir de la vie de David.

Il a refusé de devenir un offensé meurtrier - et tu sais, on ne tue pas qu’avec l’épée ! 'La mort et la vie sont au pouvoir de la langue.' Proverbes 18 : 21

Quand David apprit la mort de son père il est dit 'qu’il pleura et composa un chant en son honneur 'Cf. 2 Samuel 1 :11-12, 17 Si ça ce n’est pas un miracle !

Parce que David a su garder son cœur du péché, de la méchanceté, ni Saül ni les injustices endurées n’ont eu raison de sa destinée : devenir roi d’Israël.

Toi qui me lis, sache que rien ni personne ne peut empêcher les promesses de Dieu pour ta vie de s’accomplir, si tu gardes ton cœur pur !

Prière « Seigneur un chrétien je voudrais être dedans mon cœur, donne-moi Seigneur de l’être dedans mon cœur. Seigneur comme David je voudrais être dedans mon cœur, donne-moi Seigneur de l’être dedans mon cœur.»


3. Les offenses au sein de l’église


Il est facile d’aimer Jésus mais difficile d’aimer son église !


Pourtant l’apôtre Jean a écrit : 'Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ?' 1 Jean 4 : 20 SG

Ne soyons pas naïf dans l’église, il existe beaucoup d’occasions d’être offensé. Il y a pas mal de personnes qui ne viennent plus à l’église car elles ont été offensées. Elles ont vécu une expérience où elles se sont senties accusées, critiquées, méprisées, ignorées, blessées…

Si tu as été une occasion de chute dans ton assemblée pour quelqu’un tu dois te repentir, t’humilier et demander pardon.

Si tu y as été blessé par quelqu’un ... tu dois pardonner et ne pas rester dans le piège de l’offense ! Pardonner ne veut pas dire sous-estimer ou justifier le mal fait mais renoncer à toute méchanceté, toute haine, toute médisance… Si justice doit être faite c'est à la justice de Dieu de régler les comptes


Satan va toujours essayer de créer des offenses dans l’église.


Pourquoi ? Car elles divisent le troupeau et comme Jésus l’a dit, une famille divisée contre elle-même ne peut pas subsister.

Provoquer des offenses entre frères et sœurs dans la foi est donc une tactique que satan utilise pour affaiblir l’église !

Ne laissons donc pas satan « prendre l'avantage sur nous ; nous connaissons en effet fort bien ses intentions. » 2 Corinthiens 2 :11

S’il est vrai qu’il peut exister dans l’église de vraies occasions d’être offensés, parfois les gens sont offensés pour rien : « Ce matin le pasteur est passé devant moi il ne m’a pas salué ! Et bien je remettrais plus jamais les pieds dans son église !»

Parfois les gens sont vexés, offensés ou fâchés dans l'église juste parce qu’on leur dit la vérité !

Il existe des chrétiens offensés parce qu’on ne fait pas tous leurs caprices !


L’histoire du grand prêtre Héli


Dans 1 Samuel 2 nous lisons que Samuel, enfant, fut mis au service de l'Eternel devant le prêtre Héli (v 11). Héli était un homme de Dieu, Dieu entendait et exauçait ses prières (v20-21).

Les fils d'Héli faisaient ce qui était mal aux yeux de Dieu et se rendaient coupables d'un très grand péché (v 7). Mais Héli ne fut mis au courant de cela que très vieux (v 22). Il essaya alors de les gronder mais ceux-ci ne l'écoutèrent pas et ne changèrent pas leur conduite (v 23-25).

Héli n'eut pas alors le courage de les punir plus sévèrement et de les relever de leurs fonctions. Il se rendit coupable à leur égard de faiblesse et se vit entendre de la part de Dieu ce reproche : Pourquoi honores-tu tes fils plus que Dieu ? (v 29)

De nos jours, quand les chrétiens détectent une faille, perçoivent une faiblesse chez leur leader ils claquent la porte et vont voir ailleurs.


Une église parfaite ça n'existe pas !


Voici une leçon importante que Dieu voudrait qu'on se souvienne : Une église parfaite ça n’existe pas ! Un pasteur, un conducteur spirituel parfait ça n’existe pas ! Le seul pasteur parfait c’est Jésus ! Et voici mon conseil : Ecris-le et mets-le sur ton frigo cela t’évitera quand tu seras frustré, déçu ou blessé par ton pasteur ou ton église de la quitter.

Certes, il peut exister des raisons valables pour quitter une église mais la plupart des gens quittent leur assemblée pour des raisons qui ne le justifient pas. John Bevere écrit dans son livre « Dieu nous appelle à quitter nos couches culottes, à grandir, à mûrir et à apprendre à affronter et surmonter nos frustrations »

Héli était un homme de Dieu mais il n'était pas irréprochable ! Si tu avais été sous la surveillance spirituelle d’Héli, qu’aurais-tu fait dans cette situation ?

Et Dieu qu'allait-il faire ? Continuer à laisser son jeune prophète en formation Samuel auprès d'Héli ?

Dans 1 Samuel 3 : 1 il est écrit : « le jeune Samuel servait le Seigneur, sous la surveillance d'Héli » !!! Dieu n'a donc pas jugé la faute suffisamment grave pour retirer Samuel de sa couverture spirituelle.


Satan cherchera toujours à vous déraciner de là où Dieu vous a planté


Dans 1 Corinthiens 12 : 18, il est écrit que 'Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu.' Notez bien que ce n’est pas écrit « comme nous, on l’a voulu » mais comme « lui l’a voulu » !

Sachez que satan cherchera toujours à vous déraciner de là où Dieu vous a voulu, vous a planté ! Pourquoi ? Pour grandir et croître il faut être « planté dans la maison de Dieu » et non pas vagabonder d’église en église.

Sache aussi que la façon dont tu quitteras une église te suivra dans la nouvelle église où tu iras ! Si tu quittes le cœur plein de ressentiment, de colère, d’amertume, de haine… je plains la nouvelle église qui t’accueillera.

Plutôt que fuir les problèmes, les conflits, les blessures reçues dans ton église, cherche la guérison de ton cœur, la réconciliation, la paix autant que cela dépend de toi. Fuir c’est la solution de la facilité. Choisir le chemin de l’amour, de la patience et du pardon, c’est la solution la plus difficile, celle qui exige le plus de maturité.

Dieu nous appelle à aimer l’église, pas celle de nos rêves, celle qu’on idéalise, mais la vraie, celle que l’on connait, celle que l’on vit ! Le pasteur Bonhoeffer a écrit : « Celui qui aime l’image qu’il se fait de la communauté chrétienne plutôt que la communauté elle-même deviendra un destructeur de celle-ci ! » Tant de gens qui voulaient réformer l’église au nom de leur idéal ont fini par la détruire !


Voici un triple appel du Seigneur pour ta vie


1)Ne pas devenir un agent de destruction dans l’église en laissant notre chair, notre âme blessée, frustrée, déçue causer du tort. Il existe une différence entre être une voix pastorale ou prophétique et une voix critique. Quand Dieu inspire quelqu’un pour dénoncer le péché dans l’église ou dans la vie d’un croyant ce doit être par amour et dans le but de relever, de bénir, de faire du bien. La tristesse causée par cette sainte offense ne mène pas à la mort, au découragement, à la division mais au repentir


2) Devenir un artisan de paix, de guérison, de restauration entre les mains de Dieu


3) Demander un cœur qui aime, même ceux qui nous ont fait du mal.


Lis 1 Corinthiens 13 et prie cette prière :

Seigneur, tu connais les offenses que j’ai subies et celles que j’ai peut-être infligées.

Tu vois les blessures de mon cœur et les liens invisibles qui m’empêchent de marcher pleinement avec Toi.

Aujourd’hui, je choisis de Te confier :

Les blessures causées par mes pairs, ma famille ou mes proches.

Les blessures infligées par des figures d’autorité ou dans mon église.

Toutes les rancunes, colères et frustrations que je garde dans mon cœur.

Merci parce que par Jésus, je peux être restauré et pardonner comme Toi Tu pardonnes.

Je décide de secouer la poussière du passé et de marcher dans la liberté que Tu offres.

Amen.




PARTIE 3 : L’âme blessée et ses impacts : sortir du triangle de souffrance


Nous avons vu que Joseph et David malgré les graves offenses et injustices qu’ils ont connu ont continué dans leur marche avec Dieu à être conduit par le Saint-Esprit.

Mais qu’en est-il pour nous ? Nous allons voir 8 points relatifs à cette question.


1) Le plan de Dieu pour la marche des chrétiens


Galates 5 : 16 « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. » SG

En tant que chrétiens on peut être soit conduit par l’Esprit soit par notre chair. Chair = notre homme naturel, notre vieil homme qui n’a pas été renouvelé et pacifié par Dieu

Selon la Bible on peut être un chrétien très charismatique, c’est à dire avec beaucoup de dons spirituels et pourtant se comporter comme un chrétien charnel

Paul a écrit aux Corinthiens : « N'êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas selon l'homme ? ».

Paul reprochait aux chrétiens de Corinthe de vivre, de se comporter, de réagir, de parler comme s'ils n'étaient pas nés de nouveau.

1 Corinthiens 3 :3 « vous êtes encore charnels. Puisqu'il y a parmi vous jalousie et querelles, n'êtes-vous pas charnels et ne vous conduisez-vous pas de façon tout humaine ? » TOB


2 ) Qu’est-ce que cela veut dire être un chrétien charnel ?


C’est suivre les mauvais désirs de notre nature déchue

Galates 5 :19-21 « les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, 20l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, 21l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. »

Mais se comporter comme un chrétien charnel ce n’est pas seulement être conduit par nos mauvais désirs mais c’est aussi être conduit par notre âme.

Chez le chrétien en effet ce n’est pas l’âme (volonté-pensée-émotion) qui doit diriger sa vie mais son esprit.

Nous avons été créés pour fonctionner dans cet ordre : esprit-âme-corps.

« Que le Dieu de la paix vous consacre lui-même tout entiers ; que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit gardé irréprochable pour l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! » 1 Thessaloniciens 5:23

- notre corps n’a pas été créé pour diriger.

- notre âme, nos émotions n’ont pas été créées pour gouverner.

- C’est notre esprit a été créé pour diriger notre vie, lui-même étant connecté à l’Esprit de Dieu.

Watchman Nee ce célèbre pasteur Chinois a dit « Un homme spirituel n’est pas un homme né de nouveau, mais un homme né de nouveau qui marche dans l’alignement. »


3) C’est quoi le souci quand on se laisse conduire par notre âme blessée ?


L’âme humaine que la Bible appelle « notre homme intérieur » est une partie très sensible de notre identité humaine. Tout comme notre corps notre âme peut être blessée, malmenée, infectée, handicapée… par ce que la vie lui a fait subir.

Quand on vient au monde on ne naît pas, ne grandit pas et ne vît pas dans le Royaume de Dieu mais dans un monde déchu, corrompu, perverti par le péché et dont satan est le prince (voir Ephésiens 2 :2)

Dans un tel environnement notre âme va beaucoup souffrir et ces souffrances vont laisser des marques et des empreintes sur nous.

Quand on se convertit au Christ on entre donc dans le Royaume de Dieu avec une âme blessée et même dans notre marche avec Dieu, dans notre vie d’église notre âme va continuer de prendre des coups et parfois ces coups peuvent être encore plus terrible et dévastateur que ceux qu’on a connu dans le monde.

Un constat : bien plus souvent qu’on ne le réalise dans notre marche avec Dieu nous sommes influencés et dirigés par notre âme blessée. Ce sont souvent nos blessures, nos traumas qui vont dicter nos réactions, nos attitudes, nos paroles, nos choix…

Quand j’analyse telle ou telle réaction, regarde tel ou tel comportement, écoute tel ou tel discours chez un chrétien je me dit souvent qu’est-ce qui se cache derrière cela ? Le Saint-Esprit ? Le péché ? Une âme blessée ?

Quand on se convertit notre esprit renaît instantanément mais notre âme elle a besoin de restauration / notre passé douloureux comme nous l’avons vu pour Israël dans Esaie 52

Et une partie du ministère de notre Bon Berger est de restaurer notre âme comme nous l’avons lu dans Luc 4 qui fait écho à ce célbre verset du Psaume 23 : 3 « L’ Éternel est mon berger il restaure mon âme »


4) Le triangle des besoins fondamentaux de tout être humain


La psychologie, c’est-à-dire la science qui essaie de comprendre comment fonctionne l’âme humaine, a identifié ce qu’elle appelle le triangle des besoins fondamentaux de tout être humain


1) Besoin de sécurité


Tout être humain a besoin de se sentir en sécurité ! Dieu connait et respecte ce besoin et c’est pourquoi il a prévu en dehors de lui des personnes pour nous protéger : nos parents, notre famille, nos amis, les autorités, notre assemblée… Quand ces personnes faillissent à leur devoir, quand on ne se sent plus protégée par elles cela crée en nous une souffrance, une blessure !


2) Besoin d’estime


Tout être humain a besoin de se sentir estimé, valorisé !

Le rejet, l’abus, l’humiliation, le rabaissement, le mépris, la critique négative incessante est la négation de ce besoin et cela laisse des traces !

Quand une personne, un groupe, un pays ne se sent plus valorisé, estimé, qu’il se sent rejeté, méprisé, abandonné il en éprouve de la frustration et de la colère


3) Besoin d’être écouté


Quand on compte pour du beurre, qu’on pas droit au chapitre, qu’on ne nous demande pas notre avis, que les autres décident à notre place sans tenir compte de nous cela génère en nous une frustration.

Exemple = colère provoquée par les 49.3 à répétition


5) Qu'appelle t-on par le triangle blessé


Tout être humain a besoin de se sentir en sécurité, de se sentir estimé, d'être écouté ! Quand ces 3 besoins fondamentaux sont menacés, ignorés, attaqués la frustration et la colère surgissent ! C’est ce que la psychologie appelle le triangle blessé. Ce concept de triangle blessé est présent dans les Ecritures

Il est présent dans Esaïe 52. C’est à ce fameux triangle blessé que le prophète s’adresse quand il écrit au verset 2 « Secoue donc ta poussière, relève-toi… Délivre-toi des chaînes qui enserrent ton cou »

Les besoins fondamentaux d’Israël ont été maintes fois ignorés dans son histoire de vie.

L’âme des gens d’ Israël a souffert de ne pas se sentir en sécurité, de ne pas être estimé, écouté… et Dieu d’affirmer par son prophète que ce déni d’amour a laissé des traces profondes dans l’âme juive, au point qu’Israël est aujourd’hui enchainé par ces traumas, qu’il vit dans les chaînes d’un triangle blessé.


Le triangle blessé c’est aussi notre histoire à chacun :

Chacun aurait une histoire à raconter comment il s’est senti rejeté, abandonné, trahi, humilié, méprisé à un moment ou un autre de sa vie.

C’est donc aussi à nous que s’adresse cette parole : « Secoue donc ta poussière, relève-toi… Délivre-toi des chaînes qui enserrent ton cou »

Car cette poussière de rejet qui a été déposée sur notre vie nous impacte peut-être encore aujourdhui, elle est une source d’allergie, d’asthme spirituel qui nous gêne dans notre marche avec Dieu ?

Y a-t-il dans ton âme de croyant des blessures dont tu es encore prisonnier, quelque chose qui enserre ton cou et ton cœur ? Es-tu plus que tu ne veux bien l’admettre encore dirigé dans ta vie chrétienne par ce triangle blessé ?


6) Comment surviennent les blessures de notre âme ?


- par nos origines ethniques, sociales… Les blessures du racisme et de l’esclavage encore très profondément présentes !

- par notre naissance : je ne suis pas un enfant désiré mes parents voulaient m’avorter. Je suis une fille mes parents voulaient un garçon

- par les manques et dysfonctionnements familiaux : père alcoolique, violent, absent...

- par des évènements traumatisants de notre enfance ou adolescence : abus verbaux, physiques, sexuels…

-par des choses difficiles vécues dans notre couple, notre famille, notre église, notre famille d’églises (le cas pour Cathy et moi)

- par nos échecs : conjugaux, dans nos études, notre métier…

Te reconnais-tu dans certaines de ces blessures ?


7) Comment les blessures émotionnelles nous affectent t’elles ?


- insécurité, manque d’assurance, de confiance en soi, timidité, solitude

- pitié de soi, dépression

- désespoir, suicide

- peur d’être rejeté : cherche à tout prix à plaire, à attirer l’attention, clown

- toujours sur la défensive, se sent menacé

- perfectionnisme

- orgueil, vantardise

- esprit critique, dureté

- rébellion, violence

- contrôle

- matérialisme, boulimie, sexualité : phénomène de compensation

- anorexie, rejet de soi, se punir, scarification

Te reconnais-tu dans certains de ces comportements ?


8) La colère marque d’un triangle blessé


1) La colère un signe qu’il existe chez nous une frustration


Une souffrance, un manque par rapport à un besoin légitime non comblé

'L'âne sauvage se met-il à braire quand il est près de l'herbe ? Le bœuf se met-il à mugir quand il est près de son fourrage ?' Job 6 v 5 S21

Quand les besoins des gens sont satisfaits, ils ne manifestent pas de colère, ils sont en paix. C’est quand y’a un manque, quand ils souffrent qu’ils se mettent à beugler !


2) La colère un signe de déception, de désillusion


Témoignage de Job : 'Mes frères m’ont trompé… comme les cours d’eau qui disparaissent… à la saison chaude … sous l’effet de la chaleur, leur lit devient tout sec… les voyageurs de Séba sont pleins d'espoir, mais ils se retrouvent tout honteux d'avoir eu confiance, ils sont tout désappointés quand ils y arrivent.' Job 6 v 15, 17, 19-20 S21

Job espérait de ses amis du soutien, de la compréhension, de la bonté mais il ne va rien trouver de tout cela. Quand ceux qu’on espérait à nos côtés pour nous protéger, nous soutenir et nous défendre sont aux abonnés absents ça génère une déception et une colère !


3) La colère une réaction à l’injustice


'Quand les gens sont écrasés par l’injustice, ils se plaignent, ils crient au secours contre la dictature des puissants.' Job 35 v 9 PDV2017

La colère intérieure stockée dans notre âme agit et influence notre comportement de chrétien :

- La colère modifie le fonctionnement de ton cerveau

- La colère va t’amener à la violence, à la méchanceté, à l’excès dans tes propos et tes agissements (mon témoignage)

'Si seulement il était possible de peser mon exaspération, si seulement on plaçait tous mes malheurs ensemble sur une balance ! Ils seraient plus lourds que le sable de la mer : voilà pourquoi mes paroles dépassent la mesure.' Job 6 v 2-3 S21


Prends un temps de silence devant Dieu et réfléchis :


• Y a-t-il des colères, frustrations ou ressentiments que tu refuses de reconnaître ?

• Observe tes réactions aux autres : sont-elles dictées par l’amour et l’Esprit, ou par ton triangle blessé ?


Prière pour la restauration de ton âme


Seigneur aujourd’hui, je viens à Toi avec mon triangle blessé :

• Guéris mon besoin de sécurité quand je me sens menacé.

• Restaure mon estime quand je me sens méprisé ou rejeté.

• Apprends-moi à écouter, accueillir et gérer mes émotions sans qu’elles me dirigent.

Je T’abandonne toutes les colères enfouies, les ressentiments et les blessures qui dictent mes réactions.

Viens restaurer mon âme, Seigneur, pour que je marche par l’Esprit et non par mon triangle blessé.

Merci parce que par Jésus, je peux être guéri, restauré et libre.

Amen.




PARTIE 4 Gérer et Guérir Son Triangle Blessé : 6 Étapes Bibliques pour Restaurer Son Âme


Pour sortir du triangle blessé nous avons notre part à faire : « Secoue donc ta poussière, relève-toi, reprends ta place… Délivre-toi des chaînes de rejet, de ressentiment, d’amertume, de méchanceté qui enserrent ton cou » Esaïe 52 v 2

Certaines personnes blessées, écrit John Bevere, ne s’en remettront jamais car tel est leur choix ! Pour échapper au triangle blessé cela exige de notre part de le vouloir.

Voici concrètement 6 étapes qui nous incombent si nous voulons permettre à Dieu de restaurer notre âme :


1ère étape : Reconnaître et admettre ses souffrances


-Ne pas les refouler, essayer de les cacher, faire comme si de rien n’était !

Beaucoup de gens blessés le cachent ! Ils portent des masques comme si tout allait bien alors qu’au-dedans d’eux ils souffrent profondément ! Si tu es dans le déni de ta souffrance tu ne pourras pas en être libéré ! Si tu ne reconnais pas d’abord que des gens t’ont blessé tu ne pourras pas leur pardonner ! Les colères enfouies, refoulées, le déni… c’est une bombe à retardement.

-Apprendre à les formuler

Mettre des mots sur nos maux.La colère pour s’apaiser elle a besoin d’être entendue, exprimée.

-Qu’elles soient entendues avec bienveillance

'Celui qui souffre a droit à la bienveillance de son ami, même s’il abandonne la crainte du Tout-Puissant.' Job 6 v 14 S21


2ème étape : Éviter que la souffrance ne nous pousse vers le mal


Comprendre la tentation de la vengeance


« Etes-vous en colère ? Ne péchez pas ! » Ephésiens 4 :26

Romains 12 :17 « Ne rendez à personne le mal pour le mal. »

En s’opposant au mal il ne s’agit pas d’en créer nous-mêmes en retour !

La vengeance c’est quoi ?

La vengeance, c’est la volonté de faire payer en retour à celui ou celle qui nous a fait du mal. Le lui faire payer par des actes de vengeance, des attitudes, des comportements, des paroles, des omissions volontaires (ne plus le saluer, ne plus lui souhaiter son anniversaire, ne plus lui rendre de services…) La vengeance est donc une forme de règlement de compte !

Le désir de vengeance est naturel mais charnel.


La logique de la vengeance et ses pièges


Quelle est la logique de la vengeance ?

La logique de la vengeance est la suivante : puisqu’il ou elle m’a fait du mal, il est normal et juste que je le fasse souffrir en retour ! Le malheur causé à l’autre sera alors notre revanche, notre jouissance compensatrice ! Le dictionnaire Wikipédia dit que la vengeance c’est la « peine causée à l’offenseur pour la satisfaction personnelle de l’offensé ! »

Si on veut marcher par l’Esprit on doit donc renoncer à cette jouissance compensatrice.


Que dit la Bible sur la vengeance ?


'Ne rendez à personne le mal pour le mal.' Romains 12 : 17 FC

'Très chers amis, ne vous vengez pas vous-mêmes, mais laissez agir la colère de Dieu, car l'Écriture déclare : « C'est moi qui tirerai vengeance, c'est moi qui paierai de retour », dit le Seigneur.' Romains 12 :19 FC

La vengeance n’est donc pas un plat chaud ou froid qui fait partie du menu d’un chrétien !

Est-ce juste de ne rien faire payer à ceux qui nous ont offensés ?

Dans Romains 12 : 19 Dieu a déclaré qu’il se chargera lui-même de faire payer au pécheur ce qu’il doit à la justice : C'est moi qui tirerai vengeance, c'est moi qui paierai de retour ».


Différence entre justice et vengeance


Cette vengeance, Dieu l’exercera non pour assouvir ta jouissance vengeresse mais pour rétablir la justice là où elle a été bafouée. Le Nouveau Testament nous enseigne donc qu’il ne nous revient pas à nous de faire payer aux autres le mal qu’ils ont fait car on le ferait d’une manière pécheresse.

Romains 13 déclare aussi que Dieu a délégué ce pouvoir à certaines autorités qu’il a instituées : « v 1 Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu... v 4 Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien… car ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. »

Laisse donc à Dieu le soin de punir le mal car ce rôle ne t’a pas été donné par Dieu.

Avoir recourt à ces autorités en tant que chrétien s’avère parfois légitime et nécessaire quand il s’agit de choses graves, pas dans le but de faire du mal mais de protéger la vie.

La Bible déclare en Esaïe 26 :10 : « Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice, il se livre au mal dans le pays de la droiture, et il n’a point égard à la majesté de Dieu. »

Le laxisme judiciaire n’est pas un service qu’on rends à celui qui pratique le mal car cela l’encourage à continuer !

Mettre une affaire devant la justice pour les bonnes raisons n’équivaut donc pas à un acte de méchanceté ou de vengeance.


Dieu fera t’il grâce à mon ennemi s’il se repent ?

Oui ! Mais rappelle-toi de ceci : quand ton ennemi est gracié, toi tu n’es pas floué car le tort commis envers toi a été bel et bien pris en compte : il a reçu sa juste punition ! Comment ça ? Jésus a payé le prix que méritait le crime dont tu as souffert. Le mal qui t’a été infligé a donc été puni mais c’est Jésus qui a accepté de prendre les coups que méritait ton ennemi. Oserais-tu reprocher à Jésus de l’avoir fait ?


Poser des conditions à notre pardon est-ce acceptable ?

Je ferais grâce à mon ennemi à une seule condition : « J’exige qu’il ou elle vienne se mettre à genoux devant moi pour me demander pardon et reconnaître qu’il ou elle a eu tort ! Je ne suis pas gourmand(e) ! Je demande juste ça ! »

Ton « Juste ça », si je comprends bien, est la seule jouissance que tu exiges : voir ton ennemi s’humilier à tes pieds ! Sache que cela est aussi et encore une forme de vengeance.


En tant que chrétien peut-on se réjouir du malheur de notre ennemi ?

'Ne te réjouis pas de la chute de ton ennemi, Et que ton cœur ne soit pas dans l'allégresse quand il chancelle » Proverbes 27 :17-18

Dieu ne t’autorise à aucune jouissance compensatrice ! Prendre plaisir à voir ton ennemi payer pour le mal qu’il t’a fait est quelque chose de pervers, de malsain. La vengeance c’est une façon méchante de répondre à l’offense qu’on a subie.

Voici plutôt comment Dieu aimerait qu’on réponde à l’injustice, à la blessure qui nous a été faite

: 'Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; car, en agissant ainsi, ce sera comme si tu amassais des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal. Sois au contraire vainqueur du mal par le bien.' Romains 12 : 20-21 FC


Le mal de l’amertume : vengeance non assouvie


Face à l’offense certains chrétiens renoncent à la vengeance et disent je n’exige aucun paiement de la part de mes ennemis mais dans mon cœur je ne puis m’empêcher de leur en vouloir pour ce qu’ils m’ont fait.

Francis Frangipane dans son livre Les 3 champs de bataille dit que « l’amertume est une vengeance non assouvie ». On aurait voulu se venger mais parce que ce n’est pas chrétien de le faire, on ravale sa douleur, sa souffrance et on la laisse macérer. Elle se transforme alors en amertume.


Conséquences spirituelles et émotionnelles de la vengeance et de l’amertume


L'amertume nous prive de la grâce de Dieu ! Dieu dans Hébreux 12 : 15 déclare : 'Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu'aucune racine d'amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés.' SG

Ressasser, ruminer nos souffrances ne fait que mieux s’enraciner la colère en nous jusqu’à ce qu’elle devienne un trait de notre personnalité. S’installer dans la colère, c'est comme accueillir une tumeur cancéreuse.

Ephésiens 4 v 26 : « Que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment » Telle est la sagesse préconisée par la Bible !

Choisir la vengeance ou l’amertume comme réponse aux offenses subies c’est choisir une mauvaise voie à laquelle Dieu nous demande de renoncer.

La voie que Dieu nous demande est celle du pardon.


3ème étape : Pardonner : clé de la libération intérieure


Le non-pardon : une tumeur de l’âme


Le non-pardon est une tumeur qui se développe à l’intérieur de notre âme et met en péril notre santé physique, psychologique et spirituelle.


Le mandat divin de Jésus pour guérir les cœurs brisés


Quand une grosseur de non-pardon est repérée, il faut donc demander à Jésus le divin chirurgien de l’enlever. Il a reçu un mandat divin pour le faire :

Psaume 147 : 3 : 'Dieu guérit ceux qui ont le cœur brisé, Et il panse leurs blessures.'

Et il a délégué cette mission à Jésus. Luc 4 :18 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé » Version Segond


Pourquoi le pardon est essentiel pour notre santé spirituelle et émotionnelle


Si tu refuses de laisser le Seigneur soigner et panser tes blessures émotionnelles, ta plaie va s’infecter et des « microbes » vont y apparaître et s’y développer. Le nom de ces microbes c’est amertume, rancune, colère, haine, vengeance…

Pour être guéri de l’offense, il faut donc d’abord arriver à pardonner à ceux et à celles qui t’ont fait du mal ! C’est ce que Joseph et David ont réussi à faire.

Mais qu’entendons-nous au juste par pardonner ? Examiner l’enseignement de Jésus en Matthieu 18 va nous aider à le comprendre.


Comprendre le pardon selon Matthieu 18 : le modèle du roi et de ses serviteurs


Que nous enseigne Jésus sur le pardon ?

Lisons Matthieu 18 :21-35 dans la version Segond :

« Alors Pierre s’approcha de lui, et dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? 22 Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois.

Pierre pensait qu’il était généreux en allant jusqu’à 7 fois ! Mais la réponse de Jésus va faire voler en éclat sa générosité : Pierre pas jusqu’à 7 fois mais 70 x 7 fois ! Jésus nous appelle donc à pardonner comme Dieu, c’est-à-dire sans limite


23 C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. 24 Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents.

Cela correspond à une dette de plusieurs milliards d’euros en valeur moderne.


25 Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût acquittée. 26 Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. 27 Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. 28 Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers.

Cela correspond à une dette de dix mille euros en valeur moderne.


Il le saisit et l’étranglait, en disant : Paie ce que tu me dois. 29 Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant : Aie patience envers moi, et je te paierai. 30 Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé ce qu’il devait.


Comment nous y prenons-nous pour saisir à la gorge nos débiteurs ?

Par l’arme de la vengeance !

Ce serviteur c’est nous quand on exige des autres qu’ils paient pour le mal qu’ils nous ont fait alors que Dieu, lui, a renoncé à nous faire payer pour le mal que nous, nous lui a fait !


31 Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. 32 Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit : Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; 33 ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? 34 Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait. 35 C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur. »

Cette parole du roi est adressée à nous chrétiens, à toi et moi qui avons hérité du salut par grâce. « Tu devais » ! Pardonner pour un chrétien n’est pas une option mais un devoir !


Conséquences du refus de pardonner


Que se passe t'il quand on refuse de pardonner ?


1ère conséquence : on va être livré au bourreau


Matthieu 18 :34 « son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait. »

Si tu regardes la définition de bourreau dans le dictionnaire, tu découvriras que ce mot désigne la personne qui est chargée de martyriser quelqu’un physiquement ou moralement.

C’est ce qui t’arrivera si tu refuses de pardonner ! Ton non-pardon donne droit à l’adversaire, satan, de t’infliger de la douleur physique, morale ou spirituelle.

Il y a des gens qui sont malades dans l’église à cause d’un non pardon !

Des médecins et chercheurs ont montré que certaines maladies comme l’arthrite, le cancer ou certaines maladies mentales sont liés à un refus acharné de pardonner.


Il y a des chrétiens pour qui on prie mais rien ne se passe : ils ne peuvent recevoir ni guérison, ni réconfort, ni soulagement, ni délivrance parce qu’ils ne veulent pas libérer d’autres personnes et leur pardonner du fond de leur cœur. Alors si tu ne veux pas souffrir, pardonne !

Le pasteur John Bevere raconte dans son livre l’exemple d’une femme riche en Indonésie qui était venue le trouver à la fin de sa semaine de mission pour lui dire : « Pasteur, j’ai assisté à toutes vos réunions, j’ai écouté attentivement tout ce que vous avez dit, j’ai répondu à tous vos appels et pourtant à aucun moment je n’ai senti la présence de Dieu alors qu’elle était si tangible pour les autres, pourquoi ? ». Le pasteur lui proposa alors de prier pour elle en lui imposant les mains. Alors qu’il faisait cela, le Saint-Esprit lui dit : « Retire ta main, le problème de cette dame, son point de blocage c’est un non-pardon, elle refuse de pardonner à son mari ».

Cette dame avoua alors que c’était vrai, qu’elle en voulait terriblement à son mari, qu’elle avait essayé de lui pardonner mais qu’avec les choses horribles qu’il lui avait faites, elle n’y était jamais arrivée. Le pasteur lui dit alors : « Sœur, il faut que vous pardonniez ! » et après lui avoir expliqué ce qu’est le pardon qui consiste non à justifier l’injustifiable mais à renoncer à faire payer aux autres le mal qu’ils nous ont fait, elle décida ce soir-là de libérer son mari de sa dette et fit cette prière du fond de son cœur : « Seigneur, je libère mon mari de ce qu’il me doit, je lui pardonne ». A peine avait-elle prononcé cette prière que des larmes se mirent à couler le long de ses joues et elle fut remplie de la présence de Dieu ! Frère, sœur, ne laisse pas le voleur, le bourreau te voler sa présence !


2ème conséquence : notre remise de dette est annulée


Un chrétien qui refuse délibérément de pardonner va perdre le bénéfice de son salut. Jésus ajouta : « C'est ainsi que mon Père qui est au ciel vous traitera si chacun de vous ne pardonne pas à son frère ou à sa sœur de tout son cœur. » (v.35)

'Lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.' Marc 11 : 25-26 SG

' Absolvez, et vous serez absous.' Luc 6 :37


Développer la discipline du pardon : commencer par les petites offenses


Un petit conseil pour développer la discipline du pardon

Pour apprendre à surmonter les offenses subies, il faut s’attaquer d’abord aux petites offenses plus faciles à pardonner. Notre muscle du pardon va alors se fortifier et nous serons mieux armés pour affronter les grandes offenses de notre vie, celles qui sont plus profondes et plus douloureuses.


Apprendre à se pardonner soi-même


Si le sang de Jésus suffit pour Dieu, il suffit aussi pour toi. Tu n’as donc rien à y rajouter mais juste à recevoir sa grâce comme un cadeau et à en profiter ! S’auto-punir, se mortifier, se flageller ne glorifie pas Dieu car cela équivaut à dire que le prix payé par Jésus à la croix n’est pas suffisant !


4ème étape : Chercher la réconciliation avec ceux qui nous ont blessés


Matthieu 18 : 15 « Si ton frère fait ce qui est mal contre toi, va le trouver seul à seul… »

Remarquons que Jésus ne nous dit pas d’aller raconter à tout le monde le mal que telle ou telle personne nous a fait mais d’aller trouver cette personne seul à seul. Mais attention il ne s’agit pas d’y aller dans un esprit de vengeance, de colère ou pour « régler ses comptes » mais selon les mots même de Jésus pour « gagner » ton frère ou ta sœur !

Cette personne s’est rendue coupable à ton égard et toi tu viens lui tendre la main non pour la condamner mais pour essayer de restaurer ce qui a été abîmé ou brisé.

Et si cette personne ne veut pas me recevoir ou rien entendre ? Même si la personne ne reconnait pas ses torts et ne me demande pas pardon il est de ton devoir de lui pardonner dans mon cœur.

Et si aller trouver cette personne ne ferait que mettre de l’huile sur le feu ?

Dans Romains 12 : 8 Dieu déclare « S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes » SG.

Cela sous-entend qu’il y a des fois où la personne refusera de reconnaître le mal qu’elle a fait. Dans ces conditions la restauration d’une bonne relation ou bonne collaboration ne sera pas possible.

Il est alors prudent alors de prendre ses distances pour se protéger.


5ème étape : Recevoir la guérison par Dieu de son triangle blessé


Pardonner à ceux qui nous ont fait du mal n’est pas naturel à l’être humain. Sans l’aide de Dieu on ne pourra pas y arriver.

Demande donc à Jésus de venir dans ces souffrances qui constituent le garde-manger de l'esprit de rejet, et réclame-lui la guérison de ton cœur brisé : Psaume 147:3 « Le Seigneur guérit les personnes qui ont le cœur brisé, il soigne leurs blessures »

Dieu utilise aussi souvent les autres pour nous aider à sortir de la prison de l’offense. Demande donc sincèrement à Dieu son aide dans la prière.


6ème étape : Maintenir et protéger sa guérison intérieure


Parfois la blessure a été si profonde qu’elle aurait tendance à remonter à la surface. Alors comment demeurer dans la victoire ?


En priant pour celui, celles, ceux qui nous ont offensé


John Bevere « Quand je voyais cette personne ou entendait prononcer son nom… tout me revenait et je devais alors chasser ces mêmes pensées et émotions que j’éprouvais avant d’avoir pardonné. Cela m’a demandé de livrer une vraie bataille et de fournir de vrais efforts pour rester libre ! »

Ce qui t’aidera à rester libre c’est de pratiquer ce que Jésus nous dit dans

Matthieu : 5 v 43-45 : « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi Jésus, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux »

John Bevere raconte comment, pendant plusieurs semaines, il a essayé de le faire mais le cœur n’y était pas ! Un jour, Dieu l’a conduit dans le Psaume 35 :

'Quand mes adversaires étaient malades, je manifestais ma tristesse, je me privais de nourriture, sans cesse je priais pour eux ! J'agissais comme pour un ami ou un frère ; j'étais sombre et je prenais le deuil, comme si j'avais perdu ma propre mère.' (v. 3-14) FC

« C’est comme cela que tu dois prier dit alors le Seigneur au pasteur John, comme si tu priais pour un frère proche ou ta propre mère ! »

Ayant compris comment il devait prier le pasteur Bevere le mit en pratique. Et celui-ci témoigne qu’au bout d’un mois, il put déclarer à propos de son coriace ennemi : « Je te bénis ! Je t’aime dans le nom de Jésus ! » Et cela jaillissait de son cœur !


En Proclamant la vérité sur notre vie et en résistant au diable et à ses mensonges


« Résistez au diable, et il fuira loin de vous » Jacques 4 :7

Comment ? En faisant comme Jésus lors de son séjour au désert en citant ce que les Ecritures disent à notre sujet :

« Je t’ai choisi et non pas rejeté » Esaie 41 :9

« Même si les mères oubliaient leurs enfants, je ne t’oublierai pas. Voici : je t’ai gravée dans le creux de mes mains. » (Esaïe 49 :15,16).

Toutes ces 6 étapes représentent un processus qui peut prendre des mois voire des années mais soyons déterminés et persévérons dans notre choix de sortir du triangle blessé ! Le jeu en vaut la chandelle !


Témoignages : la colère et la tristesse transformées par Dieu


Témoignage : délivré d'un lien de colère


Chrétien, pasteur j’avais un problème avec la colère sans en comprendre les vraies raisons

1ère prise de conscience de mon problème par les effets et le vis-à-vis de mon épouse

Puis j’en suis venu à comprendre la cause profonde de cette colère. Je portais au fond de moi un réservoir de colère enfoui lié aux blessures de mon passé : fois où j’ai été victime de profondes injustices !

Quand mes enfants se comportaient de manière injuste ou irrespectueuse envers moi cela réveillait et faisait surgir ce volcan de colère enfouie !

J’ai décidé alors de sortir du déni et de me faire aider et accompagner pour vider ce réservoir et y amener la guérison et la restauration de Jésus.

Les psychologues, les psychiatres peuvent nous aider à comprendre nos nœuds existentiels mais seul dieu peut guérir les cœurs brisés et panser nos blessures.


Témoignage : délivré d'un lien de tristesse


Je constatais un fond de tristesse dont je n’arrivais pas à comprendre la cause.

Entendu parlé du ministère de la barque en Suisse et j’ai décidé de prendre RDV avec eux.

Lors de ce RDV une image donnée à une équipière de prière suivi d’une question : Est-ce que cela évoque quelque chose pour toi ?

Là je me suis effondré en larmes, comme si on ouvrait une vanne, ça coulait ça coulait sans que je puisse l’arrêter !

Cette image correspondait exactement à un trauma de mon adolescence que j’avais comme occulté pour ne plus en souffrir.

Jésus ce jour-là venait restaurer mon âme, secouer la poussière d’un deuil en panne, me détacher d’une chaîne de tristesse qui entourait mon cou.


Conclusion : Laisser l’Esprit guider et non le triangle blessé


Inspirée de Galates 5 : 16 « Voici donc ce que j'ai à vous dire : laissez l'Esprit Saint conduire votre vie et non votre triangle blessé »

Un chrétien, une chrétienne qui dans son comportement et ses paroles est conduit par l’amour est une personne conduite par le Saint-Esprit. Mais une personne conduite par ses rancœurs, ses ressentiments, ses blessures est une personne charnelle conduite par son triangle blessé

Dieu est celui qui restaure notre âme blessée

Psaume 23 1-3 « L’Éternel est mon berger… Il restaure mon âme »

Son but est de nous amener à :

- Nous accepter et nous aimer nous-mêmes

- Aimer les autres, y compris ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord, y compris ceux qui nous ont fait du mal

- Aimer Dieu

Car Dieu est amour 1 Jean 4 :16 et l’amour auquel il nous appelle est :

« patient, bon… il ne s'irrite pas, il ne tient pas compte du mal ; 6il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit avec la vérité ; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. » 1 Corinthiens 13 : 4-7

Le mot de la fin à John Bevere : « Des offenses se présenteront toujours au cours de notre vie sur terre mais nous devons y faire face, car elles font partie de notre processus de perfectionnement. Chaque fois que nous surmontons une offense, nous devenons plus forts, plus compatissant et grandissons en maturité. »