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Témoignage d'une épouse

INTRODUCTION : Yves Duteil L'amour est une maison

" L'amour est une maison / Où le lierre s'étend du toit rose aux murs blonds/ L'amour est une maison/ Où l'été, le printemps sont les seules saisons

L'amour est une maison / Dont les portes qui grincent écrivent des chansons/ Où l'amour est une maison/ Qui fait fondre la neige et lever les moissons

Les fenêtres sont des sourires/ Et chacune des pierres est un mot d'amour/ Le grenier c'est les souvenirs/ Des premières caresses aux prochains beaux jours/ Mon amour...

L'amour est une maison/ Bien à l'abri du vent dans le creux d'un vallon/ L'amour est une maison/ Où l'on dort trop souvent sans y faire attention

L'amour est une maison/ Où parfois l'on s'éveille sans s'y être endormi/ L'amour est une maison/ Qui comprend quelquefois avant qu'on ait compris

L'amour c'est notre maison/ Et le lierre s'étend du toit rouge aux murs blonds/ L'amour c'est notre maison/ Et l'été le printemps sont nos seules saisons

L'amour c'est notre maison/ Et les portes qui grincent ont écrit ma chanson/ L'amour c'est une maison/ Qui ne ferme jamais ses volets pour de bon "

J’aimerais dans un premier temps rappeler rapidement quelques repères bibliques concernant le mariage, puis je vous raconterais le temps de crise que nous avons vécu et quelques découvertes qui nous ont permis de donner un nouvel élan à notre mariage.

I. LE MARIAGE : UNE ALLIANCE QUI NE DOIT PAS ETRE BRISÉE

Une institution en crise d’identité : Mai 68 a été le détonateur d’une remise en question de beaucoup d’acquis : parmi ceux-ci le mariage, le statut de la femme… C’est l’époque de Hair, de faîtes l’amour pas la guerre, il est interdit d’interdire, ni Dieu ni maître… C’est l’époque où la femme revendique le droit au travail, le droit de maîtriser sa sexualité et sa fertilité. Les mœurs changent avec la légalisation de la contraception et de l’avortement. Les femmes ont gagné en indépendance et les divorces deviennent monnaie courante.

Le mariage est alors remis en question ; on lui préfère « l’amour libre », ou « le mariage à l’essai » avec le besoin d’éprouver la solidité du couple avant d’y croire. On entre dans une phase d’insécurité. On a perdu confiance en soi, en l’autre et en Dieu. On a peur de s’engager. On a tendance à opposer amour et engagement. A quoi bon faire des promesses que l’on ne saura tenir ?

Je n’ai pas besoin d’être prophète pour deviner que parmi nous, il y a des couples qui ne se sont jamais engagés civilement ; d’autres encore qui sont à deux pas de la rupture ; d’autres qui vivent un mariage sans partage, chacun faisant sa vie dans son coin… Vivre un mariage qui tienne la route devient un exercice extrêmement périlleux.

Repères de quelques points sensibles :

1 L’altérité des sexes.

- « Dieu créa les hommes pour qu’ils soient à son image… Il les créa homme et femme. » (Gen. 1 : 27) Homme et femme : les deux partenaires sont tenus d’être de deux sexes différents. Ceci exclut l’union homosexuelle mais aussi toute forme de sexe en solo.

- Combien de couples font chambre à part ! Ce faisant, ils prennent des distances l’un vis-à-vis de l’autre et forcent le conjoint à l’abstinence ; celle-ci peut conduire à la masturbation sans parler de la pornographie et de l’adultère ! Le mariage biblique implique des relations sexuelles régulières entre époux, autant que faire se peut. C’est un B-A BA. « Ne vous refusez pas l’un à l’autre… Il ne faut pas donner à Satan l’occasion de vous tenter. » (1 Cor. 7 : 5)

2 L’engagement public « jusqu’à ce que la mort nous sépare »

« Ainsi, ils ne seront plus deux ; ils font un. Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. » (Matth. 19 : 6)

- Quand on se marie on s’unit devant Dieu et devant les hommes. On signifie devant tous qu’un contrat à vie a été établi qui donne des droits et des devoirs. On « publie les bans », on envoie des « faire parts ». Cet engagement en France se fait devant les autorités civiles. La cérémonie à l’église aussi belle soit-elle ne vous mariera pas. Le contrat est signé devant M. le Maire !

Cela exclut l’amour kleenex : je me mouche avec toi et je te jette à la poubelle. Il est une protection pour la survie de la race humaine. Toute société bien portante est une société où les valeurs de la famille sont protégées. La société en banalisant le divorce s’éloigne de la pensée biblique.

3 « Se marier dans le Seigneur »

Pour un chrétien, il est vivement indiqué dans le N.T. de se marier « dans le Seigneur », c'est-à-dire avec un chrétien, quelqu’un qui partage sa foi à part entière. Comment unir les ténèbres avec la lumière ??? Cela forme un « attelage disparate » ! J’imagine que si l’on met sur le même joug u bœuf et un cheval, on va rencontrer de sérieux problèmes d‘entente, de coordination…

Malheureusement, beaucoup se croient plus intelligents que Dieu lui-même et choisissent délibérément de faire fi de ce conseil. Eh bien, je peux vous dire que la désobéissance coûte plus cher que l’obéissance ! « Si le mari vient à mourir, elle est libre de se remarier avec qui elle veut, à condition, bien entendu, que ce soit avec un chrétien. » (1 Cor. 7 : 39)

4 Le mariage est un don de soi

- On se lie pour « le meilleur et pour le pire ».

Quand il est dit « le pire », cela ne signifie pas qu’il faille accepter les abus, les perversions du conjoint. Le « pire » sous-entend les épreuves de la vie.

- On se donne, on ne se « prête » pas.

On est responsable de ce qu’on a apprivoisé. On ne devrait pas « reprendre » ce qui a été donné. Cela constituerait une injustice. « Donner c’est donner, reprendre, c’est voler ». Le divorce, même si la Bible le tolère dans certains cas, n’est pas dans le plan parfait de Dieu. « L’Eternel a été le témoin entre chacun de vous et la femme que vous ave épousée lorsque vous étiez jeune t que vous avez trahie. Elle était ta compagne, et tu avais conclu une alliance avec elle. Un homme en qui subsiste un reste de bon sens ne ferait pas cela !... – Car je hais le divorce, déclare l’Eternel. » (Mal. 2 : 14, 15)

- Ce don est exclusif, il ne doit pas être partagé.

Le mariage biblique est monogame : Les cas de polygamie mentionnés dans les récits bibliques ne sont pas donnés en exemples, bien au contraire ! La monogamie est même la norme culturelle universelle, mises à par les exceptions qui confirment la règle ! Car Dieu a inscrit dans le psychisme humain la monogamie à vie « L’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à SA femme. » (Matth. 19 : 5)

- L’adultère est sévèrement condamné dans la Bible.

Car il fait injure à la confiance qui doit être de mise pour qu’un mariage soit heureux. « Fuyez les unions illégitimes ! » (1 Cor. 6 : 18) « Que chacun respecte le mariage et que les époux restent fidèles l’un à l’autre. » (Héb. 13 : 4)

- Et là, il faut parler de la pornographie

Il est une forme d’adultère qui mine de nombreux mariages. « Si quelqu’un jette sur une femme un regard chargé de désir, il a déjà commis adultère avec elle dans son cœur. Par conséquent, si to œil te fait tomber dans le péché, arrache-le et jette-le au loin… » (Matth. 5 : 28, 29) C’est une arme satanique de choix pour vous détruire vous et votre famille. Si vous êtes accrocs à ce vice, vous avez besoin de le reconnaître, de le confesser à Dieu et à une tiers personne qui pourra vous servir de témoin, demander pardon à Dieu et à votre conjoint éventuellement puis vous devez y renoncer en demandant l’aide et la délivrance de Dieu.

- Bien des non chrétiens semblent avoir un mariage qui tienne la route !

Alors que nombre de couples chrétiens vont à la dérive. Pourquoi en est-il ainsi ? La foi en Dieu devrait nous aider à bâtir plus solide, à traverser avec succès monts et marées. Comment comprendre que tant de couples chrétiens soient brisés. Il y a des couples qui ne s’affichent pas « chrétiens » mais qui mettent en pratique ces principes bibliques sans le savoir. Ce fait expliquerait la réussite de leur couple. Mais attention, un couple qui reste ensemble et paraît heureux ne veut pas forcément dire un couple en bonne santé : nous ne savons pas ce qu’ils peuvent vivre dans leur intimité.

- Etre chrétien, ce n’est pas seulement aller à l’église de temps et temps !

Et en l’occurrence le jour de son mariage. Comme si quelque chose de magique allait se produire qui vous protégerait des aléas.

- Etre chrétien c’est bâtir sa maison sur la Parole de Dieu.

Ca ne veut pas dire l’apprendre par cœur mais ça veut dire la mettre en pratique. C’est à dire considérer l’autre comme au dessus de soi-même, faire à l’autre ce que l’on aimerait qu’il me fasse, pardonner et demander pardon rapidement et aussi souvent que nécessaire, être honnête, dire la vérité, se sacrifier comme Christ a donné sa vie pour son église (ici c’est un commandement pour les hommes), de se soumettre au leader (une équipe ne peut avoir 2 têtes ; ici c’est un commandement pour les femmes - un bon leader ne contrôle pas, il travaille avec, il gagne la confiance ; son comportement est en adéquation avec ses valeurs ; il sait remercier, encourager…) d’être fidèle l’un à l’autre…

II. LA CRISE : REMISE EN QUESTION DE QUI JE SUIS, COMMENT JE FONCTIONNE

On m’avait parlé de la crise de la quarantaine… J’ai plutôt vécu une crise aux abords de la cinquantaine ! Cette période est une zone de turbulence dans la vie des femmes en particulier. La pré-ménopause nous « travaille ». Notre corps commence à prendre de l’embonpoint et les rides se font plus sévères. C’est une période où beaucoup de femmes découvrent qu’elles ont un cancer au sein ou ailleurs (une vraie épidémie !).

Les enfants sont en pleine crise d’adolescence ou s’envolent. Dans ce dernier cas, ces femmes, qui ont consacré leur vie pour élever leurs enfants, se retrouvent avec leur nid vide. Tout est calme et propre à la maison. L’ennui se faufile comme un rôdeur et vient voler notre sens à la vie, notre joie de vivre. C’est le temps de nous poser des questions fondamentales : « Comment vais-je réagir ? Où vais-je investir mes énergies désormais ? Je reprends des études ? - J’ai des amies qui se sont lancées dans des études d’infirmière à 40 ans ! - Je cherche du travail ? » Une nouvelle phase s’ouvre à nous mais cette période de transition peut être dramatique.

Souvent les couples sont en crise ; et on commence à chercher ailleurs un autre amour… On se dit : « C’est maintenant ou jamais. Je suis encore capable de séduire. Je tente ma chance. » On s’illusionne ; on veut encore croire aux contes de fées. On est fatigué de se battre et on choisit la première porte de sortie qui s’offre à nous, espérant trouver de l’autre côté de bons pâturages. Les divorces se multiplient avec leur lot de souffrances, de haine, d’amertume, le sentiment de gâchis, de temps perdu, de trahison…

J’ai lu qu’un avocat spécialiste dans les cas de divorce disait que la plupart des couples qu’il rencontrait auraient souhaité avoir travaillé aussi dur pour construire leur mariage que pour survivre à leur divorce. C’est à cette période de leur vie que plusieurs de mes proches ont divorcé. Pour aucun d’entre eux ce ne fut un « divorce heureux » !

Je n’ai donc pas échappé à la crise. Mon sommeil a commencé à me lâcher ; l’empreinte de mes émotions sur mon mental se faisait de plus en plus profonde. Moi qui étais une femme toujours très active, « indispensable » à mes enfants, à mon mari, à l’Eglise, à Dieu ( ?? !!)… je me retrouvais chez moi, à m’ennuyer. Mes enfants faisaient leur vie ou désiraient que je me tienne à distance (pas facile de couper le cordon ombilical)…

Mon mari était affairé dans son ministère entouré de bons équipiers. A la maison, il désirait se relaxer, regarder un match de foot ou faire une petite promenade. Moi, par contre, je pétais les plombs. Je voulais sortir, voir du monde, voyager, faire des projets, retrouver un sens à ma vie.

L’ambiance à la maison devenait froide et tendue. Mon mari et moi-même étions « déconnectés ». Nous avons senti que nous avions besoin d’aide. Je priais pour trouver pendant l’été une convention où nous pourrions nous ressourcer. J’ai reçu par email une pub pour « Jour J Normandie » à Lisieux. Mon mari était d’accord. Alors nous sommes partis. Là-bas, nous avons été rafraîchis par le Saint Esprit et avons trouvé sur la table de librairie plusieurs livres traitant du mariage, des conflits…

Nous avons commencé une saison de lecture qui nous a été d’une aide appréciable : Les langages de l’amour, Les saisons du mariages, Vivre à deux : gérer les conflits dans le couple, Mariés pour la vie… Merci au Seigneur, qui ne nous a pas abandonnés alors que nous étions « en panne ».

Mes découvertes : qui je suis, les langages de l’amour, les saisons du mariage

Découvrir qui je suis

Dans la structure psychologique de l’être humain, il y a des tendances diverses. Nous ne fonctionnons pas tous de la même façon. Pour mieux comprendre notre conjoint, mieux l’accepter, j’ai trouvé utile de discerner quelles étaient mes « composantes » et les siennes.

Ceci dit, quelques précisions : Il peut y avoir des nuances dans chacune d’entre elles, ce n’est pas tout blanc ou tout noir. J’ai simplifié à l’extrême. Les composantes ne sont pas forcément bonnes ou mauvaises. « Je suis qui je suis par la grâce de Dieu ! » Nous évoluons dans notre vie et pouvons donc passer d’une tendance à une autre Elles ne sont pas exclusivement « mâles » ou « femelles » bien que… Donc voici en quelques mots, ce que j’ai découvert : L’être humain peut être :

L’extraverti (très ouvert vers les autres : on aime recevoir du monde à la maison ; partir en vacances avec des amis ; il aime fouiner en ville…) ou l’intraverti (plus focalisé sur son monde intérieur : il préfère faire des ballades dans la nature que d’aller sur les plages bondées ; lire un livre dans son lit que d’aller au cinéma…)Le « raisonnable »: il doit comprendre, il a besoin de voir, de toucher ; « T’es complètement folle ! Tu ne te rends pas compte… » ; « l’intuitif » : il ressent les choses, (« Je le sens bien ») L’initiateur (celui qui lance les projets) et l’exécutant (celui qui les réalise)

On réfléchissant sur qui je suis à la date d’aujourd’hui, je pense être une combinaison d’extraverti, d’intuitif et d’initiateur. Mon mari serait plutôt intraverti, raisonnable. Il est comme moi « initiateur » ce qui provoque un déséquilibre car chez nous, on a plein d’idées mais personne ne se porte volontaire pour les exécuter !

Avez-vous réfléchi quelles étaient vos « composantes » et celles de votre conjoint ? Cette petite étude pourrait vous aider à éviter certaines « panne » dans votre relation. Ne cherchez pas à rendre votre conjoint semblable à vous. Respecter sa personnalité. « Dieu a disposé chaque organe dans le corps, chacun avec sa particularité, comme il l’a trouvé bon. » (1 Cor. 12 :18)

Découvrir les langages de l’amour

Dans la communication, il y a un émetteur et un récepteur. Il est important que ce que l’émetteur veut transmettre soit reçu 5 sur 5, sans qu’il y ait de malentendus. Un principe de base est de parler la langue de votre récepteur : en d’autres mots, si je suis française et que je veux communiquer avec un roumain, si celui-ci ne comprend pas le français, j’aurais beau y mettre tout mon cœur, il aura du mal à saisir mon message. Par contre si je fais l’effort de parler dans sa langue, alors ses yeux vont s’illuminer parce qu’il aura compris !

Il en est de même dans l’amour : il y a plusieurs langages. Pour que votre conjoint vous comprenne bien, il ne faut pas lui parler « votre langue maternelle » mais son langage à lui. Parmi les langages les plus reconnus, on en a répertorié 5 avec lesquels on peut dire « je t’aime »

par la parole ou l’écrit

Ce langage est le plus connu. Il y a des personnes qui ont besoin qu’on leur dise leur « je t’aime » quotidien pour qu’elles se sentent aimées. D’autres vibrent quand leur conjoint leur envoie un petit mot affectueux en SMS. Ou une lettre avec un poème romantique à souhait … Dans cette catégorie, on note également les paroles d’affirmation, d’encouragement : « Tu es plus belle que jamais ! » ; « Tu es la meilleure maman du monde ! » Mon mari est sensible à ce langage : il a besoin qu’on lui dise qu’il a assuré lors du dernier culte… Ou que je crois en lui pour tel projet, qu’il va y arriver.

En France, on a tellement l’habitude de « casser », de « critiquer »… Mais ce langage ne touche pas tout le monde. Il y en a même qui y sont allergiques : « Tous ces mots, c’est du blablabla… Paroles, paroles, paroles… Parce que quand j’ai besoin de toi, tu n’es jamais là… »

rendre service

à cette seconde catégories de personnes, il vaut mieux leur dire « je t’aime », en payant de sa personne, par des actes concrets : « Je sais que tu es fatiguée, alors demain, tu dors et c’est moi qui emmènes les enfants à l’école ! » ; « Ce soir, c’est moi qui cuisine. ». Personnellement, je suis sensible à cette marque d’affection : quand ma maison est sans dessus dessous et que mon mari met le tablier en se disant prêt à me seconder pour tordre le cou à ce géant… là, je ressens son amour !

faire des cadeaux

d’autres personnes se sentent aimés quand on met pour elles la main dans le porte-monnaie. Elles sont sensibles aux cadeaux. Telle femme se sent sublime en portant fièrement le bijou que son amoureux lui a offert pour la Saint Valentin…

passer du temps avec la personne

l’écouter : telle autre n’en a que cure. Ce dont elle a besoin, c’est d’un mari présent, qui prend le temps de l’écouter sans lui faire sentir qu’il faut abréger, à qui elle peut raconter ses inquiétudes, ses souffrances mais aussi ses projets, ses rêves… Mon mari et moi-même, nous partageons ce langage. Pour nous, ces temps réguliers où nous nous retrouvons pour parler sont un ingrédient essentiel au bien-être de notre mariage.

lui manifester votre affection par des gestes, le toucher

l’être humain n’est pas qu’un pur esprit ; il est corps et âme. L’amour, dans un couple, se parle en particulier à travers les relations sexuelles. Mais pas que. Il y a des gens qui ont besoin d’être constamment touchées, prises dans les bras, caressées pour se sentir vraiment aimées… Ce langage est très important pour un bébé : des enfants sont morts, dans des orphelinats de Roumanie, simplement par manque de contacts physiques. Le pasteur de Bucarest a un ministère extraordinaire auprès des jeunes orphelins car il a su parler ce langage : quand il vous prend dans ses bras, et qu’il vous fait un bisou affectueux, je peux vous dire que vous vous sentez aimés !!!

Mon mari a compris à quels langages j’étais le plus sensible et j’ai compris quels étaient les siens. Attention, on croit les connaître ; mais mieux vaut vérifier !!!

Les saisons du mariage

De même qu’il existe un cycle de saisons dans la nature, de même en est-il dans l’histoire d’un mariage.

Le printemps

C’est l’époque des roucoulements, le temps des plantations : on fait des projets, on est de connivence, on met en route des bébés… On a espoir dans l’avenir. On a du plaisir à être ensemble. C’est le temps des cerises, du bonheur à croquer, de la romance. Ce temps de délice devrait aboutir à l’été. « Ton amour est délicieux… ma fiancée… Tu es la source des jardins, un puits d’eaux vives. » (Cant. des Cant. 4 : 10, 15) Mais, du printemps, on peut sauter à pieds joints en automne… Et là se situe mon témoignage.

L’automne

L’automne dans un mariage peut se situer après le départ des enfants du nid familial. Ce qui avait uni le couple depuis le début – à savoir l’éducation des enfants – n’est plus. Chacun alors affirme ses centres d’intérêt qui peuvent se situer aux extrêmes et les lieux de rencontre se font de plus en plus rares. Chacun fait sa vie de son côté. Les conjoints accumulent les sentiments de frustrations sans les prendre à bras le corps pour les gérer.

L’ennui apparaît mais aussi le ressentiment, l’amertume. Pour notre couple, nous étions en automne et il était urgent d’évoluer vers un nouveau printemps. Sans passer par la case de l’hiver qui est très douloureux pour un mariage. « C’est pourquoi, je vais la reconquérir, la mener au désert et parler à son cœur. » (Osée 2 : 16)

Il a fallu que je travaille sur moi-même : que je réfléchisse à l’allure que je voulais donner à la prochaine étape de ma vie. Que je prenne en main mon avenir. Que je ne reste pas passive à pleurer sur mes frustrations. Et ceci, devant Dieu, dans un perpétuel face à face avec mon créateur et mon Maître. Il a fallu que je travaille sur ma relation avec mes enfants : couper le cordon, ne plus vivre en fusion avec eux, maintenir une distance de sécurité.

Il a fallu que je travaille sur ma relation avec mon mari : que j’écoute ce qu’il essayait de me dire. Que je lui exprime aussi mes pensées profondes. Que nous discernions les traits de personnalité de chacun et que nous travaillions à les accepter. Je me rappelle de certains repas au resto indien où l’on venait avec notre bouquin souligné et nous essayions d‘aborder une question après l’autre.

Nous avons pris quelques décisions : Avoir de nouveaux projets en commun: Nous avions fondé ensemble une famille, nous avions acheté une propriété et avions œuvré ensemble pour la restaurer, l’entretenir, la rendre belle et accueillante, une petite œuvre d’art, nous avions fondé une Eglise, acquis des locaux, fait naître la famille Foursquare en France…

Quelles seraient nos futures collaborations ? * les conférences où nous pourrions exercer notre ministère ensemble, mais aussi les voyages missionnaires comme celui qui nous a conduit à travers l’Europe de l’Est : Croatie, Bosnie, Serbie, Monténégro, Albanie* le lancement d’une école de disciples : « la Ruben Saillens Bible School » » * le mariage éventuel de nos enfants et l’accueil de nos petits enfants…

Etre solidaire des projets de l’autre, l’aider à les accomplir ; ne pas les bouder, leur accorder toute l’attention nécessaire : c’est ainsi que mon mari m‘a laissé partir plusieurs fois en Roumanie, me soutient dans la présidence de l’association S’Père, et des Editions de la Re-Naissance. Quant à moi, j’ai encouragé mon mari à prendre des cours de chant sans faire la moue sur l’investissement financier que cela pouvait représenter.

Accomplir les rêves caressés depuis toujours: avoir à nouveau quelques moutons, partir à la découverte de l’Ecosse. Nous rêvons de visiter, l’île du Prince Edouard, au Canada, le pays d’Ann Shirley – Nous sommes fan de la série « Le bonheur est au bout du chemin » !

Nous devions redécouvrir l’amusement en considérant davantage les goûts de l’autre : C’est ainsi que nous avons innové dans nos promenades découvrant les berges sablées du bord de Loire ou flânant dans les vignes regorgeant de fruits juteux. Jean-François a compris que je préférais un salon de thé romantique dans le Vieux Loche que le Mac Do de la zone commerciale. Moi, j’ai essayé de m’asseoir à ses côtés durant les matchs de foot ou de rugby. Nous avons aussi décidé de prendre du temps pour faire revivre nos amitiés qui ont été négligées de par notre vie trépidante menée jusqu’alors.

Je pense que par la grâce de Dieu nous sommes en train de sortir de cet automne tristounet et pluvieux pour nous diriger vers un été radieux. « Tu verras le bonheur régner dans ta demeure. » (Job 5 : 24)

L’été

En fouinant dans mes vieux papiers, j’ai retrouvé cette lettre que JF m’avait écrite au début de notre mariage (il y a 28 ans de cela !), lors de nos premiers frottements :

" Cathy, je t’aime et veux t’aimer encore plus, j’ai besoin de toi, de ta présence, de ton amour, de ton encouragement… Puisse Dieu nous apprendre à nous aimer. Tu sais l’homme est un être fragile malgré les apparences et s’il est exigeant, surtout envers l’être de qui il se sait aimé, c’est parce qu’il a besoin d’être compris, d’être soutenu et un rien lui blesse Mon amour, c’est tel que je suis que je t’aime avec mes faiblesses et ma force ; ne sois pas découragée pour me rendre plus tel que tu voudrais que je sois. Mon Amour, je ne veux aimer d’un amour d’homme que toi. Sois sans crainte, un jour, nous en recueillerons les fruits. Tu sais même quand je ne le voudrais pas, je t’aime encore, c’est plus fort que moi."

Ton Bien-Aimé Justement c’est cela l’été : c’est la période où l’on recueille les fruits ; c’est le temps des moissons, où l’on récolte ce l’on a semé. Le couple jouit de ce qu’il a bâti pendant des années : l’amitié avec ses enfants, la maison rénovée et payée, le jardin aménagé... C’est la saison où l’on regarde le chemin parcouru avec reconnaissance. On a le sentiment d’avoir accompli sa tâche avec bonheur. Le couple se connaît mieux ; il sait quelles sont ses forces et ses faiblesses ; chaque époux a appris à gérer les situations de conflit rapidement. Il se concentre sur les côtés positifs de son conjoint. Il n’est plus idéaliste donc moins frustré. Le couple connaît moins de stress financier et jouit de plus de liberté dans son emploi du temps : c’est le moment de vivre certains rêves comme partir en voyages, reprendre des études, explorer de nouvelles pistes…

L’hiver

Malheureusement, alors que l’été devrait suivre le printemps, c’est souvent l’hiver qui vient frapper à la porte. Il faut à tout prix, éviter de tomber sur cette case. Les émois amoureux des premiers instants ne sont pas éternels Soyons réalistes ! Les experts en la matière nous disent que le « sentiment amoureux » ne durerait que deux ans au maximum. Après cette période, l’amour devrait alors être conjugué à un autre mode. Mais le message que les media et le monde véhiculent, est tout autre : il nous faudrait vivre sans cesse à nouveau ces premiers battements de cœur. Le seul moyen serait de changer de partenaire, l’amour ayant soi disant quitté le foyer.

L’hiver s’installe alors peu à peu. Les conjoints s’éloignent inexorablement l’un de l’autre. Chacun vit sa vie de son côté ; Chacun vit pour soi et reste sur son quant à soi. Il ne veut rien lâcher : C’est comme ça, un point, c’est tout ! Pas de dialogue, pas d’écoute, pas de compromis. L’autre devient un ennemi à abattre. C’est la saison des insultes ou des semaines de mutisme. Chacun souffre dans son coin, se sent incompris, rejeté, trahi. On pense qu’il n’y a plus d’autre issue que la séparation. Sortir de cette saison, est tout un parcours.

Mais il faut le vouloir et si possible à deux. Il faut reconnaître le besoin d’être aidés. Il faut de l’humilité, de la volonté, du courage. Il faut tordre le cou au mensonge qui voudrait nous faire croire que la meilleure solution est le divorce. Un divorce n’est jamais facile, n’est jamais heureux ni pour vous, ni pour votre conjoint, ni pour vous enfants, ni pour votre entourage.

Un foyer en hiver aura besoin certainement d’une aide extérieure : un ami, un pasteur, un conseiller conjugal, un psychologue… Mais avant tout il aura besoin de faire appel au Dieu qui est Amour et qui a institué lui-même le mariage. Ce Dieu a promis de nous aider à être fidèle l’un envers l’autre, à reconstruire ce qui a été endommagé ou détruit : aujourd’hui, si vous vous sentez dans cette situation, criez à Lui ! Et puis essayez de faire un pas vers l’autre, de lui demander pardon, de lui dire « je t’aime » dans son langage d’amour. L’amour avant d’être une émotion est d’abord un acte de volonté. Refusez la haine. Refusez le non pardon.

CONCLUSION : un chant de Jacques Brel

Le chant de Jacques Brel dit vrai : un amour peut revivre comme un volcan éteint !

" Ne me quitte pas/ Il faut oublier/ Tout peut s'oublier/ Oublier le temps/ Des malentendus/ Et le temps perdu/ A savoir comment/ Oublier ces heures/ Qui tuaient parfois/ A coups de pourquoi/ Le coeur du bonheur/ Ne me quitte pas/Ne me quitte pas/Ne me quitte pas/Ne me quitte pas/ On a vu souvent/ Rejaillir le feu/ D'un ancien volcan/ Qu'on croyait trop vieux/ Il est paraît-il/ Des terres brûlées/ Donnant plus de blé/ Qu'un meilleur avril/ Je te parlerai/ De ces amants là/ Qui ont vu deux fois/ Leurs cœurs s'embraser "

Vivre un nouveau printemps dans votre amour est possible… Je vous souhaite tout le bonheur du monde.

Témoignage de Cathy Gotte.

Retrouvez tous les témoignages de Cathy dans "La vallée de la bénédiction" et "La vallée de la louange" disponibles sur ce site à la page Editions .

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