La révélation de Dieu dans la nature, la conscience et l’histoire

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Qu'appelle t'on par révélation générale de Dieu ? 

Dieu est un Dieu qui cherche depuis toujours à se révéler aux êtres humains, c’est-à-dire à leur communiquer une connaissance de sa personne et de son œuvre.

Il n’est possible de connaître Dieu que dans la mesure où lui-même se révèle. Par soi-même, l’homme, ne peut le connaître :

Sa demeure est bâtie au sein de la lumière inaccessible à tous. Nul parmi les humains ne l'a vu de ses yeux, aucun ne peut le voir. (1 Timothée 6 : 16)

Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître. Jean 1 : 18

Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. (Matthieu 11 : 25)

Dieu se révèle à travers la « révélation générale » appelée aussi « naturelle » ou « réelle » (c’est-à-dire dans les choses) : elle fait référence à la nature, la conscience et la providence.

Dieu complète cette révélation naturelle par la révélation « spéciale » qui se manifeste à travers les actes de Dieu dans l’Histoire, la révélation du Saint Esprit (Jean 16 : 14), la Parole écrite de Dieu et enfin la révélation suprême, la Parole incarnée de Dieu, Jésus-Christ (Jean 14 : 9).

Vocabulaire biblique utilisé pour désigner la révélation de Dieu

- En hébreu

nous avons les verbes (et les mots dérivés) hodi (faire connaitre) et galah (dévoiler).

- En grec

nous avons les verbes (et les mots dérivés) gnorizo (faire connaitre, savoir), apokalupto (révéler, dévoiler, paraître, éclairer, manifeste), et phaneroo (être découvert, apparaître, manifester, révéler…)

Dieu s’est fait connaître à l’homme dès la création du monde. 

Comment se révèle t'il ? 

Dieu se révèle dans la création : les cieux et la terre

Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains. (Psaumes 19 : 1)

Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. (Romains 1 : 20)

Voltaire, le philosophe français du 18ème siècle, reconnaissait – je cite : « L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. » Dans le sens, que s’il y a un univers, il faut bien qu’il ait aussi un Créateur. Cet embarras de Voltaire confirme Actes 17 : 27 :

Par tout cela, Dieu invitait les hommes à le chercher, et à le trouver, peut-être, comme à tâtons, lui qui n'est pas loin de chacun de nous. ?

L’univers, la nature, les êtres vivants, bien que touchés aussi par les conséquences de la chute, nous révèlent bien des caractéristiques de ce Créateur : sa puissance, son intelligence, sa beauté, sa bonté (Dieu n’est-il pas bon de nous avoir placé dans un si bel environnement ?).

On comprend dès lors pourquoi beaucoup de scientifiques qui étudient l’infiniment petit (au microscope) ou l’infiniment grand (avec un télescope) sont chrétiens. Il en existe même une liste dans Wikipedia : (https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Christians_in_science_and_technology) !

Dieu se révèle dans la conscience, la vie intérieure de l’être humain 

- L’homme étant créé « à l’image de Dieu », possède en lui, une loi morale avec des indications sur ce qui est bien et ce qui est mal :

Lorsque les païens qui n'ont pas la Loi de Moïse accomplissent naturellement ce que demande cette Loi, ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, alors qu'ils n'ont pas la Loi. Ils démontrent par leur comportement que les œuvres demandées par la Loi sont inscrites dans leur cœur. Leur conscience en témoigne également, ainsi que les raisonnements par lesquels ils s'accusent ou s'excusent les uns les autres. (Romains 2 : 14-15)

Si les droits de l’homme ont pu remporter une certaine unanimité dans le monde, c’est qu’ils rassemblaient des principes « innés » dans l’âme humaine.

- On peut noter aussi l’universalité du sentiment religieux tel que « la pensée de l’éternité » :

Il a implanté au tréfonds de l'être humain le sens de l'éternité. Et pourtant, l'homme est incapable de saisir l'œuvre que Dieu accomplit du commencement à la fin. (Ecclésiaste 3 : 11)

J'ai même découvert un autel qui porte cette inscription : A un dieu inconnu. Ce que vous révérez ainsi sans le connaître, je viens vous l'annoncer. (Actes 17 : 23)

Le Philosophe Blaise Pascal relevait le besoin inné de Dieu chez l’être humain - même s’il n’est pas toujours reconnu : « Il y a dans le cœur de l'homme un vide en forme de Dieu que rien de ce qui a été créé ne peux remplir mais seulement le créateur qui s'est fait connaître par Jésus. »

Il est aussi intéressant de constater que la recherche d’expiation pour les fautes est une intuition quasi universelle. Le sang répandu pour le pardon des péchés se retrouve dans plusieurs religions.

Dieu se révèle dans la providence et les actes de Dieu dans l’Histoire

La providence, c’est la façon dont Dieu prend soin de sa création et de ses créatures ; on peut la relier à « la grâce commune » qui bénit tous les hommes, croyants ou incroyants.

Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. (Matthieu 6 : 26)

Il fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes. (Matthieu 5 : 45)

Actes 14 : 17 : "il s'est toujours manifesté par le bien qu'il fait : des cieux, il vous donne les pluies et les récoltes en leurs saisons, il vous accorde la nourriture et il remplit votre cœur de joie."

Voir aussi Psaume 147 : 8-9

Que de fois, croyants ou athées vivent des moments « extraordinaires » au point de s’exclamer : « C’est un vrai miracle ! » Nous sommes tous au bénéfice de la bonté de Dieu.

Les actes de Dieu dans l’Histoire sont à la jonction des deux révélations : par exemples, le déluge nous parle de la sainteté de Dieu mais aussi de sa grâce ; le jugement sur Sodome et Gomorrhe est un avertissement pour tous (Jude 7).

Cette révélation générale est insuffisante pour une vraie connaissance de Dieu

- La révélation générale est insuffisante pour conduire à une connaissance authentique de Dieu. 

La Création, à cause du péché, est soumise à la vanité, la fragilité, à « une puissance de corruption qui l’asservit » (Romains 8 : 20-21).

Pour connaître Dieu, il faudrait lire cette révélation dans son intégralité, or la lecture est difficile :

 L'homme est incapable de saisir l'œuvre que Dieu accomplit du commencement à la fin. (Ecclésiaste 3 : 11)

La chute a eu des incidences sur la nature qui explique les catastrophes naturelles, hostilité dans le monde animal, les maladies... Imaginez en plus, un jeune des banlieues, qui ne voit jamais le ciel étoilé, les monts enneigés, l’immensité de la mer mais qui ne connait que le béton de sa cité ! Pas facile pour lui de reconnaitre Dieu à travers les beautés de la nature !

Quant à la voix de conscience, elle est de plus en plus étouffée : d’une part, nous sommes nourris constamment par ce que nous voyons ou écoutons dans les média qui s’oppose le plus souvent à Dieu et à sa loi. D’autre part, les temps de solitude intentionnelle, où l’on peut se retrouver calmement avec soi-même se rétrécissent comme une peau de chagrin.

Cette révélation n’offre pas le message « articulé » du salut

L’Evangile n’est présent qu’implicitement dans la révélation générale. En effet, si dans Sa providence, le Dieu juste et bon a choisi de laisser vivre le pécheur, c’est qu’il devait avoir l’intention d’expier sa faute. Ce message implicite a nécessité d’être complété par la « révélation spéciale ».

Je cite le Pr Henri Blocher : « Si l’évangile est impliqué [dans la révélation générale], Dieu a jugé bon aussi de l’expliquer dans la révélation spéciale qui remédie à toute insuffisance générale. »

Quelle est le rôle de la révélation générale ?

- La révélation naturelle prouve l’existence de Dieu même si ce n’est que par sa lumière que nous pouvons voir la lumière. (Cf. Psaumes 36 : 10)

- La révélation générale fonde la culpabilité inexcusable de l’incroyance.

Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité se voient dans ses œuvres quand on y réfléchit. Ils n'ont donc aucune excuse. (Romains 1 : 20)

Si les preuves ne suffisent pas, si les hommes n’arrivent pas à tirer profit de cette révélation, c’est que leur intelligence obscurcie déforme ce qu’ils voient

[Les païens] ont, en effet, l'intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie que Dieu donne, à cause de l'ignorance qui est en eux et qui provient de l'endurcissement de leur cœur. (Ephésiens 4 : 18 )

Remarque : La Parole écrite de Dieu (le canon des Ecritures) et la Parole incarnée (Jésus le logos de Dieu) constituent la révélation infaillible et normative de Dieu à la lumière de laquelle toutes les autres révélations doivent être interprétées et jugées. Aucune révélation de Dieu ne peut contredire la révélation biblique ni celle accordée en Jésus-Christ et aucune révélation normative ne peut y être ajoutée ou retranchée. (Hébreux 1 : 1-2 ; Apocalypse 22 : 18-19)

CONCLUSION

Remercions le Seigneur pour s’être révélé à nous personnellement et nous avoir conduits au salut en Jésus-Christ. Etudions, méditons la Parole de Dieu au travers de laquelle Dieu nous a dit tout ce qu’il a voulu que nous sachions Que le Seigneur nous trouve fidèles dans la proclamation de l’Evangile et du seul Nom par lequel nous pouvons être sauvés.

Notes

- les versets dans cet enseignement sont tirés de la version Semeur ou Louis-Segond

- Pour compléter cette étude nous vous conseillons cette leçon de notre école biblique CDLR : cours de doctrine biblique sur comment connaître Dieu ?