Le regard de la Bible sur le péché, le mal et la condition humaine.
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Introduction
Tous les hommes perçoivent la présence d’un fossé entre ce qui devrait être et ce qui est : la notion du mal est universelle.
A. La réalité du péché dans la Bible
La réalité du mal est attestée dans la Bible de plusieurs manières :
1. Le péché est évoqué dans la Bible par des récits.
Nombre d’entre eux décrivent les mauvaises actions des hommes. Le premier de ces récits apparait dans Genèse 3
2. Le péché est évoqué dans la Bible par un vocabulaire abondant et varié.
Parmi les termes désignant la réalité du mal dans le Nouveau Testament, les plus courants sont :
- « Amartia » traduit par « péché ». Il a la même signification que son homologue hébreu « Rét ».
- « Adikia » traduit par « injustice ».
- Nous trouvons aussi d’autres termes comme « anomia » (« rejet de la loi »), « asebeia » (« absence de piété »).
Le péché est évoqué dans la Bible par un langage imagé : l’image de l’errance, de la déviance, de la maladie, de la souillure, de la dette.
B. La nature du péché selon la Bible
La Bible nous propose une définition du péché : Le péché est la désobéissance à la loi. (1 Jean 3 : 4). Cette définition nous évite tout subjectivisme ; le mal se définit par rapport à une norme objective donnée par Dieu.
Notons que pécher, ce n’est pas seulement faire ce que la loi condamne, mais c’est aussi ne pas faire ce qu’elle demande : Ainsi, celui qui connaît le bien qu’il devrait faire et ne le fait pas, se rend coupable de péché. (Jacques 4 : 17)
Le péché n’est pas quelque chose qui faisait partie de la Création de Dieu. Il n’a pas de réalité autonome, d’essence propre... Il est une puissance « parasite » qui vient, en se greffant sur ce qui existe pour le corrompre, le pervertir. Son effet est dégradateur (comme la rouille).
C. L’origine du péché selon la Bible
- Le péché trouve son siège dans le cœur humain, c’est-à-dire son intériorité :
Car de son cœur viennent les mauvaises pensées qui le poussent à tuer, à commettre l’adultère, à agir de façon immorale, à voler, à prononcer de faux témoignages et à dire du mal des autres. (Matthieu 15 : 19)
Le cœur humain est plus trompeur que tout ! Personne ne peut le guérir. (Jérémie 17 : 9)
Le péché ne procède donc pas de la matière, de notre corporalité. C’est du cœur de l’homme, atteint et habité par ce parasite nommé « péché », que procèdent tous les actes de péché.
- Chez le chrétien, cet « appétit » pour le péché est encore présent :
« Tout être humain est tenté quand il se laisse entraîner et prendre au piège par ses propres désirs ; ensuite, tout mauvais désir conçoit et donne naissance au péché ; et quand le péché est pleinement développé, il engendre la mort. » (Jacques 1 : 14-15)
- Le péché est entré dans la race humaine par la désobéissance d’Adam et Ève
Ce « virus », ce « parasite », cette « gangrène », est entrée pour la première fois dans la race humaine par la désobéissance de nos ancêtres Adam et Ève. Ceci nous est raconté en Genèse 3. Ce récit, même s’il est concevable d’imaginer qu’il nous soit raconté dans un langage symbolique, décrit un événement historique appelé, en théologie, « la chute ». Cette chute n’était pas inévitable. Adam et Ève jouissaient du « libre arbitre » (liberté d’obéir ou de désobéir à Dieu). La chute a donc été un choix.
L’homme créé pour représenter Dieu - dont il est l’image - a choisi d’écouter la suggestion du diable et de devenir autonome. En mangeant du fruit défendu, il s’arroge le rang de Dieu, pouvant décider désormais par lui-même et pour lui-même ce qui est bien ou mal. Ce choix d’« émancipation » va avoir des conséquences désastreuses !
- Avant d’entrer dans le cœur d’Adam et Ève, le mal existait déjà.
En effet, une chute similaire à celle d’Adam et Ève avait déjà eu lieu dans le monde invisible. La Bible atteste la réalité de cette chute des anges, tout en restant très discrète sur son comment et son pourquoi. La révolte « angélique » constitue un péché monstrueux, radical et définitif pour lequel il n’y a pas de rédemption. Le diable est à l’origine de la chute de l’homme.
D. L’étendue du péché selon la Bible
- Le péché affecte toute la création de Dieu. Il n’est aucun homme, ni aucune partie de l’homme, qui ne soient « gangrenés » : Tous ont péché et sont privés de la présence glorieuse de Dieu. (Romains 3 : 23)
- Toutefois, si la contamination est totale dans son « étendue », elle ne l’est pas en intensité. Il reste chez l’homme un résidu de sa gloire première. Dieu accorde aussi une « grâce commune » appelée souvent « Providence » qui a pour effet de freiner l’ampleur du péché. Sans ce frein miséricordieux, il n’y aurait peut-être déjà plus de vie sur terre !
E. Les conséquences du péché sur la race humaine selon la Bible
- L’entrée du péché chez les hommes a corrompu leur nature. Désormais, ils naissent avec une nature pécheresse :
Oui, je suis marqué par le péché depuis que je suis né, plongé dans le mal depuis que ma mère m’a porté en elle. (Psaume 51 : 7)
- L’homme est devenu esclave du péché et incapable de s'en détourner : Tout homme qui pèche est esclave du péché. (Jean 8 : 34)
Si l’homme était laissé à lui-même, il n’aurait aucune chance de pouvoir s’en sortir : L'Éthiopien peut-il changer la couleur de sa peau ? Ou la panthère les taches de son pelage ? Non ! Eh bien, vous tous, si habitués à mal faire, vous ne pouvez pas davantage vous mettre à faire le bien ! (Jérémie 13 : 23)
Ceux que dominent les préoccupations de leur propre nature sont ennemis de Dieu ; ils ne se soumettent pas à la loi de Dieu, ils ne le peuvent même pas. (Romains 8 : 7)
L’Ecriture le déclare : « Il n’y a pas d’homme juste, pas même un seul, il n’y a personne qui comprenne, personne qui cherche Dieu. Tous ont quitté le bon chemin, ensemble ils se sont égarés. Il n’y a personne qui fasse le bien, pas même un seul. (Romains 3 : 10-12)
Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’y conduit. (Jean 6 : 44)
- L’homme est incapable de se détourner du péché mais il en est tenu responsable.
Cette incapacité de faire le bien, de venir à Dieu, rend-elle l’homme non responsable ? Non ! Car si l’homme ne peut pas, c’est parce qu’il ne veut pas ! C’est l’amour du pécheur pour son péché qui le rend esclave.
- Quand on évangélise on est confronté à ce non-vouloir humain.
Les hommes préfèrent l'obscurité à la lumière, parce qu'ils agissent mal. Quiconque fait le mal déteste la lumière et s'en écarte, car il a peur que ses mauvaises actions apparaissent en plein jour. (Jean 3 : 19-20)
Voir aussi Jérémie 6 : 14 ; 23 : 16-18
F. La rétribution du péché selon la Bible
1. Le salaire du péché c'est la mort physique
Le péché est entré dans le monde à cause d’un seul homme, Adam, et le péché a amené la mort. Et ainsi, la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché. (Romains 5 : 12)
A la mort, viennent s’ajouter la douleur, les souffrances, la malédiction du sol :
Il (Dieu) dit enfin à l’homme : - ...tu as mangé le fruit que je t’avais défendu. Eh bien, par ta faute, le sol est maintenant maudit. Tu auras beaucoup de peine à en tirer ta nourriture pendant toute ta vie. (Genèse 13 : 17)
2. Le salaire du péché c'est la mort spirituelle
- Autrefois, vous étiez spirituellement morts à cause de vos fautes, à cause de vos péchés. (Ephésiens 2 : 1)
Il n'est pas écrit : « Vous étiez spirituellement malades, affaiblis, endurcis, insensibilisés … » mais « morts ». Un mort est incapable d’accomplir quoi que ce soit de soi-même et pour soi-même. Les êtres humains sont spirituellement comme les os desséchés dans la vision d'Ézéchiel 37.
- Avant qu’ils aient péché, Adam et Ève vivaient dans une relation étroite avec Dieu. Mais à cause du péché, la relation entre Dieu et les hommes a été coupée. L’amitié, a fait place l’inimitié.
Vous aussi, vous étiez autrefois loin de Dieu, vous étiez ses ennemis à cause de tout le mal que vous pensiez et commettiez. (Colossiens 1 : 21)
Remarque : le péché a toujours pour effet de nous éloigner de Dieu. D’où l’importance de la sanctification sans laquelle nul ne verra le Seigneur.
3. Le salaire du péché c'est la mort éternelle
Elle est appelée aussi « seconde mort » (Apocalypse 20), ce que nous désignons par « enfer ».
Car le salaire que paie le péché, c’est la mort ; mais le don que Dieu accorde gratuitement, c’est la vie éternelle dans l’union avec Jésus-Christ notre Seigneur. (Romains 6 : 23)
Il (Jésus-Christ) viendra dans un feu flamboyant, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à la Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus. Ils subiront comme punition une ruine éternelle, loin de la présence du Seigneur et loin de sa puissance glorieuse. (2 Thessaloniciens 1 : 8-9)
Nous pouvons dire selon la célèbre formule de Sören Kierkegaard : « Si tel est le salaire du péché, pécher équivaut à se suicider. »
G. Quelles attitudes les hommes ont-ils adopté vis-à-vis du péché ?
1. Ils ont oscillé entre trois attitudes principales face au mal
- L’école pessimiste
Le mal est l’essence même de la vie sur terre, c’est là la réalité suprême (Schopenhauer, Sartre, Camus...).
- L’école optimiste
Le mal y est minimisé : il n’est qu’une illusion d’optique, il contribue au bien, il est un déchet évolutif auquel on ne peut échapper... « Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes » (Stoïciens).
- L’école dualiste
Le bien et le mal sont deux principes opposés égaux (manichéisme) ; leur lutte, c’est notre histoire (Zoroastre).
2. Que répond l’Ecriture par rapport à ces trois attitudes ?
- Le mal est une réalité haïssable
Nous sommes là en présence d’une perturbation scandaleuse, inexcusable et injustifiable dont on ne doit pas s’accommoder mais contre laquelle nous devons lutter (contrairement à l'école optimiste).
Vous qui aimez le Seigneur, détestez le mal. (Psaume 97 : 10)
Détestez ce qui est mal, aimez ce qui est bien. (Amos 5 : 15)
- Le monde créé par Dieu était à l’origine « très bon »
Le mal n’est donc pas l’essence de ce qui existe mais sa corruption (contre l'école pessimiste).
- Dieu est et reste souverain malgré la présence du mal
Dieu aura le mot de la fin : le mal sera un jour éradiqué à tout jamais (contre l'école dualiste).
Conclusion
• Avez-vous conscience de la présence du péché dans votre vie ?
• Quelle attitude adoptez-vous vis-à-vis de cette présence ?
• Que comptez-vous faire ? Lire 1 Jean 3 : 8-10
Notes
- L’emploi de mot « homme » est générique et désigne l’homme et la femme.
- La version privilégiée de la Bible utilisée dans cet enseignement est celle en Français courant.
Retrouvez cet enseignement dans la leçon 28 de notre école biblique en ligne CDLR : Cours de doctrine biblique sur l'origine et la nature du mal